Vous parlez de chaos… Mais c’était un véritable enfer. Si cela avait continué, il y aurait eu la mort. Animatrice au camp d’été du Centre Charente Altitude à Saint-Lary, Fiona est encore traumatisée par ses cinq jours passés au centre du mardi 2 août au samedi 6 août. « Les enfants sont venus en profiter, et nous aussi. Et on finit traumatisés”, dit-elle, la voix tremblante.
Harcèlement sexuel, violences, coups, insultes…
Vous parlez de chaos… Mais c’était un véritable enfer. Si cela avait continué, il y aurait eu la mort. Animatrice au camp d’été du Centre Charente Altitude à Saint-Lary, Fiona est encore traumatisée par ses cinq jours passés au centre du mardi 2 août au samedi 6 août. « Les enfants sont venus en profiter, et nous aussi. Et on finit traumatisés”, dit-elle, la voix tremblante.
Harcèlement sexuel, violences, coups, insultes, insécurité permanente, avilissement… Dès le premier jour, elle décrit un séjour apocalyptique. «Il y a eu une très, très grosse bagarre, bien loin de la bagarre dans la cour d’école. Trois jeunes hommes ont dû s’enfermer dans leur chambre pour leur sécurité. Les gendarmes sont intervenus ce jour-là et ont prôné l’exclusion des jeunes agressifs car c’était trop dangereux”, décrit-elle.
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Loin de ramener le calme, le départ précipité et discipliné des deux trublions a réchauffé les esprits de leurs amis. Dégradation, vengeance, règlements de compte. “Certains enfants se sont enfermés dans les toilettes ou dans leur chambre pour échapper aux coups. Ce qu’un enfant confirme : « Il y en avait une dizaine qui sont entrés dans notre chambre. On s’est barricadé en mettant un placard, une commode à côté de la porte”. Fiona : « Il y a eu une autre bagarre. Je suis intervenu pour rompre. J’ai pris des coups. J’ai encore des bleus ».
Les stigmates ne sont pas seulement corporels. Ils sont aussi mentaux. Un animateur s’est extasié : « Un jeune de 13 ans passait son temps à se masturber ou à faire semblant de se masturber sur (moi). Les comportements étaient hypersexualisés. Et les adolescentes adoptées ont également été victimes. “Un enfant de 10/12 ans a tenté de se suicider en s’étranglant avec sa ceinture parce qu’il en avait assez d’être intimidé. Maluk a été humilié avec son pantalon devant tout le monde.
Infernale le jour, l’ambiance devient apocalyptique la nuit. “Des collègues ont mis leurs matelas dans les couloirs pour essayer d’empêcher l’envahissement des chambres des filles. Personne ne dormait la nuit. Pendant la journée, tout le monde était rouge.”
Des extraits de conversations collectives via l’application WhatsApp confirment les nuits blanches et violentes. 12h36 : “S. a pris un gros caillou dans sa chambre pour se protéger des autres gars. » 0:36 encore. « Je suis montée pour calmer les filles qui pleuraient et criaient. 2h08. “On va dormir dans le couloir des gars parce qu’ils veulent toujours se battre.” 2:09. “Nous sommes encore éveillés. Les garçons se sont barricadés dans leur chambre parce qu’ils avaient peur des autres. Alors on va dormir dans le couloir ce soir. » 3 h 14. « Tout va bien ? »
Luminaire cassé
Reproduction CL
S’il y avait 12 leaders âgés de 18 à 22 ans, tous n’étaient pas formés et seuls trois hommes étaient présents. Sur les cinq animateurs du groupe adolescent, seuls deux sont titulaires d’un BAFA, deux autres sont stagiaires et un n’est pas diplômé. “Et avec un tel séjour, il est impossible de former les stagiaires. “Un animateur de 18 ans, stagiaire, dénonce également les conditions du séjour. “Nous n’étions pas préparés et nous n’avons pas eu de réunion préparatoire. Je suis arrivé assez confus. Sans organisation, nous ne pouvions pas préparer des activités qui provoquaient le mécontentement et aggravaient la situation. »
Elle a démissionné vendredi, après cinq jours. Le déclencheur ? “Bivouac à la montagne, avec 38 enfants, sur un site non sécurisé, avec des tentes cassées et sans regarder la météo. “Le matériel qui s’est cassé lors de l’arrêt du mois de juillet n’a pas été contrôlé, a-t-elle précisé. A 2 heures du matin, un orage éclate. Les tentes se sont effondrées sur les adolescents. “Nous sommes de retour dans la catastrophe.” Et le lendemain, alors qu’il fallait repartir chercher le matériel sur la montagne, l’animatrice était seule avec 31 enfants sous sa responsabilité…
Une tente sous la tempête, lors d’un bivouac en montagne.
Reproduction CL
Dans ces conditions, il est impossible de faire des sorties tranquilles en dehors du centre. « L’anxiété était constante. Nous avions peur qu’un enfant en jette un autre sous la voiture juste pour s’amuser.”
Dans la nuit de samedi à dimanche, le point de non-retour a été atteint et le FCOL de la Charente a décidé de mettre fin au séjour. Mais les animateurs – les quatre que nous avons contactés – regrettent cette décision radicale. « Il y avait 10 destroyers. Tout le monde est une victime et a connu des moments très difficiles. Ce sont des gosses qui ne partent pas en vacances, qui pourraient enfin prendre l’air, voir autre chose. Et les punir est dégoûtant. »
En tête, elle est catégorique : « J’avais pris ce travail pour payer mes frais de scolarité. Mais c’est fini. Je préfère être une étudiante ratée plutôt que de revivre ça. » Elle fait encore des cauchemars.
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