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Cincinnati – Borna Coric, la première semaine du reste de sa vie

Celui-ci, vous auriez dû le voir. Si quelqu’un parie son 13e mois sur le couronnement de Borna Coric à Cincinnati, c’est de la voyance. Le titre du Croate dans l’Ohio représente, tant sur le fond que sur la forme, l’une des plus grosses sensations de ces dernières années. Non pas que le jeune manque de talent. Au contraire.

Membre du Top 100 avant même d’avoir 18 ans, vainqueur de Rafael Nadal au même âge, il était attendu comme l’un des plus beaux fleurons de la NextGen avant même que le terme ne soit inventé. Puis les blessures ont commencé et le grand attaquant de Zagreb a lentement mais sûrement disparu de la circulation.

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Dans son cas, la clé était physique. Aujourd’hui, il peut à nouveau s’exprimer à 100% et cela change tout. Mais de là à envisager de remporter son premier Masters 1000 à Cincinnati, il y avait une différence. Portant le trophée numéro 152 sur son dos, Borna Coric a établi un record en devenant le joueur le moins bien classé à remporter dans cette catégorie de tournoi. Il a détrôné l’Espagnol Roberto Carretero, 143e mondial lors de sa fulgurante victoire à Hambourg en 1996.

Il y a cinq semaines, il a perdu face au n°311 mondial

C’est d’autant plus remarquable que le Croate n’a pas profité de circonstances particulièrement favorables. Il suffit de regarder sa carrière dans “Cincy” pour s’en convaincre. En route vers le titre, il a épinglé consécutivement les joueurs suivants :

. Lorenzo Musetti (33e). Raphaël Nadal (3e). Roberto Bautista Agut (19e). Félix Auger-Aliassime (9e). Cameron Norrie (11e). Stefanos Tsitsipas (7e)

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Difficile à battre. Oui, Nadal revenait tout juste à la compétition, mais jouer follement devant un tel tableau de chasse serait pour le moins risible. “franchement je n’ai pas de motsa-t-il admis dimanche soir après avoir mis la touche finale à sa semaine phénoménale contre Tsitsipas. C’est incroyable et je veux juste en profiter“Gagner son premier Masters 1000 est toujours une grande réussite, mais quand on a vécu ce qu’a vécu Coric, c’est probablement encore meilleur.

Le Croate, qui a flirté avec le Top 10 (12e) fin 2018 à l’âge de 22 ans, a finalement décidé de passer au billard au printemps 2021 pour réparer cette épaule droite qui n’a cessé de lui gâcher la vie. Loin des courts depuis un an, contraint de s’imposer des séances de travail quotidiennes d’abord pour s’endurcir puis, aujourd’hui, pour protéger cette même épaule, il se dit confiant de pouvoir retrouver son meilleur niveau. Cependant, entre son retour en mars à Indian Wells et ce mois d’août, il n’a remporté que quatre matchs mineurs en cinq mois sur le circuit principal. Il vient d’en gagner six en une semaine, dont cinq contre le Top 20 et quatre contre le top 11 mondial.

Borna Coric, l’incroyable sacre.

1 crédit

Même chez les prétendants, où il n’a jamais voulu aller, tout n’était pas rose. Des hauts, comme ce titre de Parme en juin, et des bas, comme sa défaite au premier tour à Iași, en Roumanie, face à Nicolas David Ionel, 311 sur l’ATP. Son triomphe à Cincinnati n’était que dans cinq semaines. “Je pensais que je pouvais jouer un bon tennis, je me suis beaucoup entraîné et j’ai senti que mon jeu était là. Mais jouer à ce niveau, je ne l’imaginais pas, non. Je ne pensais certainement pas que j’allais gagner le tournoi, d’autant plus que j’avais si mal joué lors du tournoi précédent (à Montréal, où il a été battu dès le départ par Marin Cilic, ndlr).— Formulaire d’attribution des galères des deux dernières années.

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De retour en place

Cincinnati est comme la première semaine du reste de sa vie. Ou du moins sa carrière. Grâce à ce titre, Borna Coric a réalisé en sept jours ce qu’il espérait réaliser en quelques mois. Avec 123 places gagnées d’un coup, le revoilà dans le Top 30 (29e). Un gain de temps inattendu qui lui ouvrait de nouvelles perspectives, alors qu’après son retour il n’osait guère penser au prochain match. Comme le lui a chuchoté Stephanos Tsitsipas, il vient de rentrer”à sa place“. Pas faux. Après tout, l’hypothèse de Coric remportant le Masters 1000 il y a quelques années était possible.

À Cincinnati, cela a également évolué vers une forme d’insouciance propre aux fantômes et aux novices. Le jeu pour le jeu, le plaisir des sensations retrouvées sans les résultats obligatoires que l’on s’inflige. Saura-t-il maintenir cet élan dans les semaines et mois à venir, en sortant du registre « conte de fées » ?

S’il n’est pas nécessaire de lui demander d’aller au Masters 1000 tous les trois ou quatre matins, Coric veut y aller doucement. D’abord parce qu’à 25 ans, donc presque dix sur la piste et des épreuves qui ont tanné sa peau, il a sans doute la maturité pour accepter une telle victoire. A 20 ans, avant ses mésaventures, les choses auraient sûrement été plus délicates. On n’ira pas jusqu’à dire que tout cela était une bénédiction déguisée, mais… Borna Coric a été (re)lancé et peut-être pour toujours. Tant que son épaule le laisse seul.

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