(OTTAWA) L’un des participants au « convoi de la liberté » qui a paralysé le centre-ville d’Ottawa pendant trois semaines l’hiver dernier devra rester en prison en attendant son procès. Tamara Leach a été arrêtée le 27 juin en Alberta pour avoir enfreint les conditions de sa libération.
Publié à 14 h 54 Mis à jour à 15 h 14
Mylène Crête La Presse
“Il est complètement ridicule de penser que l’intention du tribunal en ordonnant de ne pas communiquer ou contacter [avec une autre personne] peut être annulée simplement par la présence de son avocat”, a déclaré vendredi le juge de paix Paul Harris.
Les conditions de libération de Tamara Leach l’ont empêchée d’avoir tout contact avec Tom Mazzaro, l’un des porte-parole de cette manifestation contre la vaccination et l’assainissement obligatoires pendant la pandémie, et les autres organisateurs du convoi, sauf en présence de son avocat. Le juge a rappelé que cette condition visait à permettre aux coaccusés de préparer leurs défenses pour leurs procès, et non à leur permettre de communiquer.
Tamara Leach a partagé une table avec Tom Mazzaro le 16 juin lors d’une cérémonie de remise de prix à Toronto. Le Justice Center for Constitutional Freedoms lui a ensuite décerné un prix pour son leadership lors du « Freedom Convoy ».
Dans une vidéo présentée au tribunal mardi, on la voit discuter quelques secondes avec Tom Marrazzo. Une photographie les montrant ensemble a également été présentée en preuve par le ministère public.
Pour cette raison, le juge estime que Tamara Leach devrait rester en prison en attendant son procès afin de maintenir la confiance dans le système judiciaire. Il l’accuse non seulement d’avoir assisté à la cérémonie de remise des prix pour célébrer sa participation au convoi, « un événement qui a semé la peur constante chez les résidents du centre-ville d’Ottawa », mais aussi d’avoir choisi de s’asseoir à la même table que Tom Mazzaro, pour communiquer avec lui et « mettre de l’huile sur le feu » pour être photographié « main dans la main avec lui ».
La Couronne a également déposé en preuve un échange de SMS entre Tamara Leach et Chris Barber, un autre organisateur du « convoi de la liberté », confirmant que leur « centre de commandement » avait l’intention de bloquer le centre-ville d’Ottawa deux jours après l’arrivée des premiers camions.
Pour la Couronne, les textos constituent la preuve que l’Albertaine était l’une des personnes responsables de la manifestation et qu’elle devrait donc rester en détention, d’autant plus qu’elle est accusée de ne pas avoir respecté ses conditions de libération.
La défense croit qu’ils prouvent seulement qu’elle ne voulait pas prendre seule la décision de bloquer le centre-ville d’Ottawa.
Tamara Leach fait face à de multiples accusations pour son implication dans le convoi de la liberté, y compris méfait, obstruction, intimidation et conseil aux autres de commettre un méfait, intimidation et ingérence dans le travail de la police. Sa prochaine comparution devant le tribunal est prévue jeudi.
Son avocat, Lawrence Greenspon, a l’intention de demander une révision de la caution devant la Cour supérieure de l’Ontario. Il a déclaré que l’Albertaine de 49 ans était “évidemment déçue” par la décision du juge de paix et se réjouissait de pouvoir retrouver sa liberté.
Il a fait valoir lors de l’audience que sa cliente n’avait pas violé ses conditions de libération car ses avocats étaient présents lors de la cérémonie de remise des prix et que l’interaction avec Tom Marrazzo n’avait duré que quelques secondes.
Des manifestants en faveur de Tamara Leach se sont rassemblés devant le palais de justice. « Honte ! Honte ! », ont-ils scandé en agitant la feuille d’érable. Plusieurs d’entre eux étaient dans la salle d’audience lorsque la décision du juge a été rendue, dont une femme qui a éclaté en sanglots.
Avec la presse canadienne
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