Jean-François Delfracy l’attendait pour “fin juin, début juillet”, puis “fin juillet”. Après tout, la réalité est peut-être juste au milieu. Le pic de la 7e vague de l’épidémie de Covid-19, “portée” par la variante Omicron BA.5, pourrait être atteint mi-juillet. Ensuite, il sera aussi élevé que le précédent en avril (une moyenne d’environ 130 000 cas positifs par jour).
251 337 cas positifs ont été détectés en trois jours, soit seulement 3,3 % de plus que le week-end précédent. Au cours du week-end passé, la hausse a été de près de 50 % par rapport au précédent. Il faut toujours faire attention car on a déjà eu un plateau dans le passé… avant une reprise. Mais l’espoir qu’il atteindra bientôt la crête de la vague est là. «Le pire qui puisse arriver, c’est qu’il oscille autour de 0% pendant quelques jours, puis remonte. Mais cela semble assez improbable », estime même Mahmoud Zureik, médecin hospitalier en épidémiologie et santé publique.
Interrogé il y a quelques jours, Arnaud Fontane, épidémiologiste à l’Institut Pasteur et membre du conseil scientifique, nous a confié qu’il “s’attend à atteindre rapidement un niveau d’immunité temporaire de la population, compte tenu de la très forte circulation du virus”. De cette façon, le SARS-CoV-2 ralentit car il trouve de moins en moins de personnes à infecter.
“L’immunité post-Omicron est probablement assez faible, mais elle existe”
« L’immunité après une première infection par Omicron est probablement assez faible, mais elle existe. Cela signifie que les personnes qui l’ont déjà attrapé, surtout s’ils avaient BA.2 en mars/avril, sont moins susceptibles d’être infectées aujourd’hui », décrit Mahmoud Zureik.
L’Ile-de-France est à la fois l’une des régions les plus touchées par cette 7ème vague, mais aussi parmi celles où la courbe semble s’infléchir en premier. L’incidence y a chuté pour la deuxième journée consécutive, juste en dessous de 1 400 positifs en une semaine pour 100 000 habitants. “Les dernières données suggèrent une forme de décélération dans la région parisienne, qui est la plus touchée par cette variante BA.5”, indiquait ce lundi matin sur France Inter le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy – qui doit partir son post fin juillet..
Jean-François Delfracy, président du Conseil scientifique et immunologiste, sur 160.000 contaminations au Covid en 24h : “On a affaire à une variante beaucoup plus portable (BA5)” En région parisienne, des données suggèrent “une forme de retard” #le69Inter photo.twitter.com/aQaW34bTrk
— France Inter (@franceinter) 11 juillet 2022
“Si le pic de contamination identifié se confirme dans les prochains jours, le pic hospitalier interviendra d’ici une dizaine de jours”, prédit Mahmoud Zureik. On peut approcher les 2 000 hospitalisations quotidiennes par jour, soit un peu plus que le pic atteint en avril (1 750). Non pas que BA.5 conduise à des formes plus sévères que son prédécesseur BA.2, car il n’y a pas de données consolidées pointant dans cette direction. La raison est sans doute à chercher ailleurs : le nombre réel d’infections est encore sous-estimé car de plus en plus de personnes sont “fatiguées” des tests ou les habitants sont moins protégés du fait de la baisse de l’immunité virale. La campagne des deuxièmes doses de rappel du vaccin en plus de 60 ans s’est terminée avec une accélération, mais avec un retard.
L’hôpital, qui est dans une situation désespérée, continuera donc d’accueillir un flux de plus en plus régulier de patients Covid dans les jours à venir. Le pic pourrait également tomber en même temps que le prochain épisode caniculaire attendu dimanche ou lundi prochain en Ile-de-France. “Et malheureusement, dans les deux cas, il s’agit des mêmes personnes fragiles”, a déclaré Mahmoud Zureik.
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