Aucun député ne portait de masque ce mardi après-midi lors de la séance inaugurale de la 16e législature à l’Assemblée nationale. Pourtant, avec des indicateurs en forte hausse depuis début juin, le Covid revient bel et bien. Lundi soir, la France comptait plus de 70 000 nouveaux cas par jour pendant sept jours en moyenne.
Ce mardi après-midi, la Première ministre Elizabeth Bourne a tenu une visioconférence avec les agences régionales de santé (ARS) et les préfets. Pour le moment, le retour des mesures restrictives comme le port du masque (l’obligation de transport a expiré le 16 mai) n’est pas à l’ordre du jour. A l’issue de la réunion Matignon restait au stade des recommandations – lavage des mains, aération dans les lieux clos, etc. – pour lutter contre la recrudescence de l’épidémie.
“Reprise évidente” de la pollution
Lundi pourtant, la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon a appelé les Français à rendre le masque dans les lieux fermés. “Je n’irai pas jusqu’à le rendre obligatoire, mais en tout cas je demande aux Français de remettre effectivement le masque pendant les transports”, a-t-elle déclaré à RTL, devant ce qu’elle a qualifié de pollution “évidente”.
La semaine dernière, la ministre, appelée à quitter ses fonctions après sa défaite aux élections législatives, s’est fait vacciner d’une quatrième dose devant les médias pour reprendre la campagne de vaccination. Jusqu’à présent, la deuxième dose de rappel n’est ouverte qu’aux personnes de plus de 60 ans.
Compte avant le 31 juillet
Le gouvernement doit adopter un projet de loi avant le 31 juillet afin de prolonger certaines mesures. Ainsi, le dispositif de surveillance sera maintenu jusqu’au 31 mars 2023, ainsi que la possibilité d’organiser des contrôles sanitaires aux frontières, si nécessaire.
La nouvelle configuration politique de l’Assemblée nationale sera invitée au débat, même si les mesures sont moins controversées qu’en janvier dernier, lorsque le laissez-passer de vaccination a été adopté. Elle s’est faite dans une atmosphère de forte tension politique, en pleine campagne présidentielle, avec des débats houleux et des rebondissements au Palais-Bourbon.
La France Insoumise (LFI), qui ne comptait que 17 députés lors de la précédente législature (contre 75 aujourd’hui) et le Rassemblement national (89 députés contre une poignée entre 2017 et 2022), se sont prononcés contre l’omission du vaccin, tandis que les Républicains étaient très divisés sur le problème.
Stock de masques : l’Etat a permis la “culpabilité”
Le gouvernement s’emploie à gérer cette crise. Il considère que l’opinion est largement favorable au retour des mesures obligatoires. Et les critiques formulées depuis le début de l’épidémie ont trouvé une traduction dans la justice.
Ce mardi, le tribunal administratif de Paris a rendu la décision attendue. “L’État a commis une erreur en ne créant pas un approvisionnement suffisant en masques pour lutter contre la pandémie impliquant un agent respiratoire hautement pathogène”, a-t-il déclaré. Cependant, il considère que cette culpabilité ne peut être considérée comme la cause de cas précis de Covid.
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