Les habitants du nord-ouest assiégé de la Syrie ont averti samedi d’une “catastrophe” humanitaire après un veto russe au Conseil de sécurité des Nations unies menaçant de couper l’aide transfrontalière nécessaire à leur survie.
Vendredi, la Russie a opposé son veto à un projet de résolution visant à prolonger d’un an l’autorisation de l’aide humanitaire transfrontalière à la Syrie sans l’approbation de Damas, Moscou n’acceptant qu’une prolongation de six mois.
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Ce veto incarne “la politique de siège et de famine à laquelle la Russie a recours à travers la Syrie”, a déclaré à l’AFP Mazen Aloush, responsable du poste frontière de Bab al-Hawa à la frontière syro-turque.
Le non-renouvellement du permis serait “un prélude à une famine incontrôlable et menacerait directement la sécurité alimentaire de plus de quatre millions de personnes vivant” dans le nord-ouest de la Syrie, a-t-il ajouté.
Le permis transfrontalier expire dimanche et les habitants de la province d’Idlib, qui abrite la plupart des personnes déplacées vivant dans la pauvreté, sont de plus en plus inquiets.
Ils savent très bien que la plupart des habitants du Nord dépendent de cette aide”, s’est indigné Abdel Salam Youssef. Le veto russe est “une catastrophe pour moi”, a ajouté ce déplacé du sud d’Idlib.
Le système transfrontalier de l’ONU est en place depuis 2014 et aide plus de 2,4 millions de personnes dans la région d’Idleb sous le contrôle de groupes djihadistes et de rebelles.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 4 600 camions d’aide humanitaire, transportant pour la plupart de la nourriture, ont traversé le poste frontière de Bab al-Hawa cette année.
Ce passage, le seul que l’ONU est autorisée à emprunter, évite les zones contrôlées par le régime syrien.
Samedi était fermé pour l’Aïd al-Adha, la fête musulmane qui marque la fin du pèlerinage à La Mecque (hajj), a indiqué un correspondant de l’AFP sur place.
“J’espère que le Conseil de sécurité se réunira à nouveau bientôt et s’accordera sur la marche à suivre”, a déclaré samedi à l’AFP Mark Cutts, coordinateur régional adjoint de l’ONU pour la Syrie.
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Environ 13,4 millions de Syriens avaient besoin d’aide l’année dernière, contre 11,1 millions en 2020, selon Ocha.
Depuis le début du conflit en Syrie en 2011, près d’un demi-million de personnes ont été tuées et environ la moitié de la population d’avant-guerre a été déplacée.
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