Daniel Soulez Larivière, Paris, le 16 janvier 2008. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
L’avocat et essayiste Daniel Soulez Larivière est mort vendredi 30 septembre à Paris à l’âge de 80 ans, a appris Le Monde auprès de sa famille. Avocat influent né le 19 mars 1942, il dirige un cabinet de quatre associés et huit collaborateurs et se spécialise dans le traitement des sinistres majeurs, de Furiani aux accidents d’aviation en passant par la défense de Total dans la catastrophe d’AZF.
Ancien membre du Conseil de l’Ordre des Avocats et de la Commission consultative de révision de la Constitution (1992-1993), il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence, dont L’Avocature (réédition 2019) et Paroles d’avocats. Une anthologie de l’éloquence de cour parue en 2020 aux éditions Gazette du palais. Avec L’Avocature publié en 1982, puis avec Les Juges dans la balance (1987), il contribue à la popularisation d’un genre à une époque où les livres de justice n’ont pas encore le succès.
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Au départ, ce juriste de renom et commentateur de l’establishment judiciaire, auteur et co-auteur de près d’une quinzaine d’ouvrages, visait à faire une carrière politique, « mais la politique elle-même [l]”dissuadé”. Issu d’une “bonne famille” angevine, Daniel Soulez Larivière entre au cabinet d’Edgar Pisani, alors ministre de l’Equipement et du Logement, à l’âge de 25 ans. “A partir de ce moment, la politique a commencé à changer. Lorsqu’il était ministre de l’Agriculture, Edgar Pisani n’hésitait pas à affronter les gens de la campagne, frappant des artichauts au visage si nécessaire. Depuis, la communication est devenue un élément essentiel de la politique, jusqu’à la perte de contenu et l’extrême pauvreté », a-t-il regretté plus tard.
Devenu avocat, il obtient la deuxième place d’un concours oratoire en 1969 et remporte une série de commissions dans plusieurs affaires d’espionnage avant de représenter l’État français dans l’affaire Rainbow-Warrior. Il a également été membre de la commission Avril, chargée en 2002 de définir un nouveau statut pénal pour le chef de l’Etat.
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