La gauche est tellement habituée aux défaites, tant dans la rue qu’aux élections, que le bon résultat du candidat de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, au premier tour de l’élection présidentielle (troisième place, 21.95 %) a donné une forme d’espoir. En tout cas, parmi les extrémistes les plus syndiqués, les plus politisés, figurent ceux qui ont participé aux défilés du 1er mai, réclamant une autre politique sociale, des ressources pour les services publics, refusant de prendre leur retraite à 65 ans ou d’augmenter les salaires des ouvriers.
L’affluence n’était pas exceptionnelle dimanche dans les rues de Paris, Strasbourg, Marseille, Toulouse, Bordeaux, où 116.000 personnes ont défilé, selon le ministère de l’Intérieur, 210.000 selon la CGT, dans une ambiance très festive. , même quelques centaines de voyous à Paris ont endommagé des meubles, des magasins et ont violemment attaqué des policiers et des gendarmes. Autant que les chiffres – légèrement supérieurs à mai 2021 mais inférieurs à 2019, dernier mouvement avant la pandémie de Covid-19 -, les mots, les slogans expriment le sentiment de cette gauche, noyau solide de l’électorat de Melenchon de reprendre confiance en sa capacité à influencer le débat public.
Son Krishnan, par exemple, un gilet rouge CGT sur les épaules, lors d’un défilé à Paris. Le militant de 60 ans, habitué des décennies de défilés du 1er mai, s’en réjouit : “Les jeunes sont plus nombreux que d’habitude ! “Engagé par une société de location de voitures à l’aéroport de Roissy, il s’inquiète de ce qu’il considère comme une atteinte durable aux droits des salariés. Tant les salaires que les retraites.” 2017, avant de voter blanc au second tour pour ne pas avoir à choisir entre le président sortant et le candidat d’extrême droite.” Je ne voterai jamais pour le RN [Rassemblement national]. Mais je marche contre Macron depuis cinq ans. Il était inutile de voter pour lui. » Pour les législatives, il votera pour un candidat soutenu par Mélenchon : « J’ai toujours eu des valeurs de gauche, il faut les transférer et les défendre. »
Le calendrier politique, qui fixe le rituel annuel d’union entre l’élection présidentielle (10 et 24 avril) et l’élection législative (12 et 19 juin), donne apparemment un ton particulier à ce jour. Notamment pour les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, qui avaient décidé, souvent dans la douleur, de voter pour Emmanuel Macron au second tour afin de s’opposer à l’extrême droite. C’est le cas d’Emma, 21 ans, étudiante en anglais à Paris, électrice du candidat de La République au second tour “pour bloquer Marine Le Pen”. “Je suis ici aujourd’hui pour dire à Emmanuel Macron que, malgré mon vote, je suis contre toutes ses mesures. » La jeune femme évoque notamment la réforme universitaire : « Je ne veux pas que mes enfants soient obligés de payer des milliers d’euros pour qu’ils puissent aller dans l’enseignement supérieur. »
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