Contrairement à l’avis du ministre de l’Intérieur, le député, président de la commission juridique à l’Assemblée nationale, entend déposer son projet de loi au groupe “Renouveau” à la rentrée.
L’engourdissement estival prédispose au coup de chaleur. L’exécutif vient d’en payer le prix. Alors que la session parlementaire s’est achevée la semaine dernière et que les membres du gouvernement sont partis en vacances ce week-end, une actualité aussi politique que controversée est soudainement entrée dans le débat public ce mardi. Il s’agit d’une proposition de loi constitutionnelle, discrètement déposée, mardi 2 août, par le vice-président LREM basé à Vienne, Sacha Houllier. Selon l’exposé des motifs, le texte vise à “accorder le droit de voter et d’être élu aux élections municipales aux étrangers non citoyens de l’Union européenne résidant en France”. “Je présenterai cette proposition au groupe (Renaissance) à la rentrée avec la perspective qu’ils l’acceptent à nouveau”, appuie l’élu de La Croix.
Le problème est que la mesure défendue par lui ne trouve pas d’écho au sommet de l’Etat. Pire, il se heurta à un non-lieu adressé directement par Beauvau. Selon nos informations, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a en effet indiqué à l’intéressé qu’il était “fermement opposé” à son projet. Une position sans équivoque qui rejoint également celle du président de la République : Emmanuel Macron ne s’est d’ailleurs jamais prononcé en faveur d’une telle décision. Deux constats motivent l’hostilité du chef de l’Etat sur cette question : l’abstention croissante des Français dans les urnes, contre laquelle il faut lutter avant tout. Mais aussi la nécessité d’améliorer “l’accès à la citoyenneté” des étrangers voire à la nationalité avant d’envisager d’aller plus loin.
Projet de loi sur l’immigration d’ici la fin de l’année après débat parlementaire
De son côté, la présidente du groupe macroniste à l’Assemblée nationale, Aurore Berger, a déclaré au Figaro qu’il souhaitait la création d'”un groupe de travail sur l’immigration pour travailler (sur ce sujet) ensemble, dans toutes ses composantes” à combiner “. humanisme et efficacité ». Trop tard pour Les Républicains et le Rassemblement national, qui sont aussitôt montés au front pour dénoncer le “scandale” mené par la “tishcom”. “Je m’opposerai de toutes mes forces à ce projet”, a prévenu le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, également candidat LR à la présidentielle, déjà sur Twitter. Quant à l’actuel chef par intérim du RN, Jordan Bardella, il s’est également rendu sur Twitter pour déplorer “l’ultime retrait des Français de leur pays”.
Récemment remise sur le devant de la scène par une série de faits divers impliquant des délinquants étrangers, l’immigration sera l’un des premiers sujets sensibles de la rentrée. Dans un entretien au Figaro la semaine dernière, Gérald Darmanen a annoncé qu’un grand débat parlementaire sera organisé en octobre avant qu’un texte consolidé ne soit présenté en Conseil des ministres d’ici la fin de l’année. Pour assurer son passage par les deux chambres – dont le Sénat à majorité de droite – le projet de loi doit s’inspirer largement des préconisations du rapport rédigé par le sénateur LR François-Noël Buffet.
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