Confirmé le 24.06.2022 par PasseportSanté
La dermohypodermatite (DHD), anciennement appelée érysipèle, correspond à une infection des couches profondes de la peau (derme et hypoderme).
Ceci est secondaire à une plaie qui a servi de porte d’entrée microbienne. En général, les antibiotiques peuvent surmonter cela. On fait le point.
Qu’est-ce que la dermohipodermatite (DHD) ?
La dermohypodermatite (DHD), également appelée « dermohypodermatite bactérienne nécrosante » (DHBNN) et anciennement « érysipèle » est une inflammation cutanée du derme et de l’hypoderme.
Pour rappel, la peau est constituée de trois couches :
- l’épiderme (en surface) ;
- derme;
- l’hypoderme (situé en profondeur).
L’inflammation est le plus souvent due à une infection par le streptocoque ß-hémolytique du groupe A (Streptococcus pyogenes).
Les principaux facteurs de risque identifiés sont l’insuffisance veineuse, le lymphœdème, la pathologie vasculaire périphérique, le diabète, l’immunosuppression et l’obésité.
Les causes locales sont les mycoses, les ulcères, les blessures et les piqûres d’insectes. Au cours de ces différentes lésions, l’embryon pénètre dans l’organisme et se développe dans les couches profondes de la peau.
L’incidence de la DHD est estimée à 9 cas pour 100 000 par an1. La maladie survient généralement chez les adultes après l’âge de 40 ans, quel que soit leur sexe. Elle est moins fréquente chez les enfants.
Le traitement comprend une antibiothérapie orale (généralement antistreptococcique), des analgésiques, le lifting du membre affecté et du repos.
Les récidives et les complications (abcès, surinfection, généralisation de l’infection, fasciite nécrosante, cellulite, septicémie, etc.) sont à craindre en cas de DHD, qui constitue donc une prise en charge médicale d’urgence.
Dermohypodermatite bactérienne : quels sont ses symptômes ?
Toutes les parties du corps peuvent être touchées, mais il s’agit le plus souvent des membres (jambes et moins souvent des bras), des membres (jambes et bras) et du visage :
- La peau est rouge, chaude, douloureuse et enflée. S’ils ne sont pas traités, ces symptômes peuvent se propager.
- Le patient peut apparaître avec de la fièvre, des frissons, des malaises ;
- Perte d’appétit et modification de l’état général, qui sont souvent associées ;
- Des cloques et/ou du purpura (petits points rouges) peuvent apparaître sur la peau affectée ;
- Un renflement périphérique (qui peut avoir la forme d’un papillon) peut contourner la DHD lorsqu’il affecte le visage.
- Les ganglions lymphatiques situés près de la zone touchée sont parfois hypertrophiés et palpables. Le système lymphatique peut également être vu sous la forme de stries rouges.
Dès l’apparition de ces signes, une consultation médicale s’impose. Elle consiste à appliquer une antibiothérapie et à rechercher le “point d’entrée” des bactéries
Quelles sont les causes de la dermohypodermatite (DHD) ?
La dermohypodermatite (DHD) survient sur une peau déjà endommagée. La plaie, même minime, permet aux agents pathogènes de pénétrer dans les couches profondes de la peau telles que le derme et l’hypoderme, ce qui génère une réaction inflammatoire.
Peau endommagée comme entrée
La dermohypodermatite (DHD) est une complication d’une plaie cutanée. Il peut s’agir de tout type de lésion :
- infections fongiques de la peau;
- intertrigo;
- blessure accidentelle ou chirurgicale;
- Morsure d’insecte ;
- douleur;
- ulcère;
- bouton;
- veineux ou lymphœdème;
- signes de dermatose chronique (eczéma, psoriasis, etc.);
- effets cutanés des radiations.
Infection bactérienne
La DHD est secondaire à une infection bactérienne, le plus souvent associée à un streptocoque (85 % des cas). Il s’agit principalement d’un streptocoque bêta-hémolytique du groupe A, et parfois des groupes B, C ou G.
Les bactéries pénètrent dans les couches profondes de la peau. Les microbes se multiplient alors dans les tissus. L’embryon responsable est rarement identifié par hémoculture.
Dans les cas hospitalisés, l’aspiration à l’aiguille fine peut être utilisée pour identifier les bactéries responsables. Parfois, d’autres agents bactériens sont trouvés: staphylocoque doré, bacille à Gram négatif et autres.
Qui est à risque de dermohypodermatite DHD ?
Certaines personnes sont plus à risque de DHD :
- patients de plus de 40 ans;
- patients immunodéprimés;
- obèse;
- diabétiques;
- les personnes subissant une utilisation à long terme d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou de corticostéroïdes ;
- les fumeurs;
- alcooliques;
- drogués;
- les personnes souffrant d’insuffisance veineuse et artérielle des jambes ;
- les personnes atteintes d’un cancer ou d’une maladie sanguine maligne ;
- les personnes en situation précaire (dont l’hygiène est insuffisante).
Un examen clinique par un médecin ou un dermatologue est généralement suffisant pour diagnostiquer la DHD. Des tests complémentaires (intervention par ponction à l’aiguille) peuvent être réalisés pour identifier la bactérie en cause.
Les tests biologiques par prise de sang confirment finalement le diagnostic par un taux élevé de CRP et une augmentation des globules blancs (hyperleucocytose), ce qui indique un syndrome inflammatoire.
La porte d’entrée des microbes et des facteurs contributifs est systématiquement recherchée.
Enfin, l’affiche doit être marquée d’un marqueur rouge et photographiée pour suivre son développement. Si sa taille augmente après 48 heures et malgré une antibiothérapie, c’est un signe d’antibiorésistance. Le traitement doit donc être revu.
Quel est le traitement de la dermohypodermatite (DHD) ?
En l’absence de comorbidité ou de signes de gravité, la DHD est traitée par une antibiothérapie orale pendant 7 jours.
Dans un premier temps, le médecin prescrit de l’amoxicilline, que ce soit chez l’adulte, l’enfant ou la femme enceinte ou allaitante. D’autres traitements sont disponibles en cas d’allergie à la pénicilline (pristinamycine, clindamycine, sulfaméthoxazole-triméthoprime, etc.).
Après instauration de l’antibiothérapie, l’évolution de la DHD doit être favorable à 48 heures, faute de quoi une hospitalisation doit être envisagée.
Par ailleurs, les mesures d’optimisation de la réponse à l’antibiothérapie sont liées :
- reste de la zone touchée ;
- traitement de la lésion “point d’entrée” et des facteurs de risque contributifs ;
- compression veineuse dès que la douleur s’atténue ;
- soulever le membre affecté;
- application d’analgésiques en cas de douleur. La prise d’autres traitements comme les anti-inflammatoires ou les anticoagulants est déconseillée. La cicatrisation est effective au bout d’une à deux semaines.
Hospitalisation
Le patient doit être hospitalisé dans certains cas :
- résistance à l’antibiothérapie, constatée à 48 heures ;
- maladies concomitantes (diabète, immunosuppression, insuffisance rénale, etc.) ;
- traitement à long terme avec des médicaments anti-inflammatoires (AINS, corticostéroïdes);
- signes de complications : abcès, staphylocoque malin de la face, fasciite nécrosante, cellulite (gangrène gazeuse), altération sévère de l’état général, etc.
Soins chirurgicaux d’urgence
La DHD est une urgence médico-chirurgicale, dans de rares cas :
- symptômes de septicémie;
- des signes neurologiques ou respiratoires (hypoesthésie, popping…) ;
- état de choc avec signes de déficience viscérale, etc.
Dans ces cas, un examen chirurgical est réalisé. Un traitement antibiotique peut être administré.
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