20h35, le 29 avril 2022
Entre 02h00 et 05h00 environ mardi soir, des experts et des mains averties ont attaqué des câbles optiques interrégionaux longue distance dans quatre “chambres de traction” isolées situées à Chalifert et La Chapelle-la-Rhin (Seine et Marne) , Morecour (Evelyn) et Jenicour (Val d’Oise). Une série “d’actes malveillants coordonnés d’une ampleur inédite”, selon la Fédération française des télécommunications (FFT), qui ont privé ou fortement retardé l’accès à internet en Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand-Est et Ile-de-France. -France. Selon Free, le principal opérateur concerné par SFR, environ 100 000 de ses abonnés sont concernés.
Les saboteurs, sans doute équipés d’une meuleuse, ont coupé des câbles contenant chacun plusieurs centaines de câbles optiques, et ont pris la peine de les amputer d’un mètre à certains endroits pour compliquer encore les réparations. L’affaire a été suivie de près au ministère de l’Intérieur par le Centre opérationnel interministériel de gestion des crises, chargé d’analyser et de gérer les catastrophes naturelles et technologiques. Les conséquences seront finalement assez limitées. Le réseau démontre sa résilience, puisque mercredi soir, selon la FFT, “presque toutes les connexions” avaient été rétablies.
Un site anarchiste jubilatoire
Le service cyber du parquet de Paris a rapidement lancé une enquête pour “destruction de biens pouvant porter atteinte aux intérêts essentiels de la nation”, “entrave à un système de traitement automatisé de données” et “association de malfaiteurs”. Elle est confiée à la DGSI, sous-direction du renseignement intérieur et de la lutte contre le terrorisme, qui dispose d’un groupe d’enquête sur les violences extrémistes. Et surtout celles attribuées au mouvement de l’ultra-gauche.
Ce n’est pas une déclaration, mais au moins cela signifie une certaine réjouissance: “Et une bonne nuit, Internet a été coupé dans une grande partie du pays …” réseau optique. Bienvenue sur Sansnom.noblogs, un “nouveau site d’agitation anarchiste” créé en juin 2020, peut-on y lire. Ses auteurs listent toutes les attaques d’antennes relais et autres sabotages électriques avec pour devise déclarée « Détruire passionnément ! »
Quelle est la qualification juridique de ces actes ?
Ce n’est pas la première fois qu’Internet fait l’objet de sabotage. En mai 2020, en pleine détention, plus de 100 000 clients d’Orange, dont des hôpitaux, ont été disqualifiés après la coupure de câbles dans une usine du sud de Paris. Malgré un investissement important, les policiers de la brigade criminelle n’ont pas été en mesure d’identifier les auteurs ou celui qui pouvait les diriger afin qu’ils sachent où intervenir afin d’infliger le plus de dégâts. Les enquêteurs ont notamment été confrontés au problème du nombre colossal de sous-traitants travaillant sur ce type d’installation. En sera-t-il de même pour les enquêtes lancées cette semaine ?
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Pour Eric Delbeck, auteur des Ingouvernables (Grasset), un livre sur les radicaux de la mouvance ultra-gauche, cet épisode illustre “la nécessité de mieux structurer le continuum sécuritaire entre privé et public” au regard de la vulnérabilité de ces infrastructures. Il a également soulevé, a-t-il dit, la question de la qualification juridique de ces actes, terroristes ou non, quatre ans après le fiasco du tribunal de Tarnac qui s’était soldé par la libération des principaux inculpés pour sabotage des lignes TGV en 2008.
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