France

des centaines de personnalités dénoncent les propos homophobes de Caroline Caillot

Caroline Caillot, le 18 septembre 2018 à Paris LUDOVIC MARIN / AFP

Des centaines de personnalités de tous horizons, dont la majorité présidentielle, ont condamné les “propos homophobes” de la ministre Caroline Caillot dans une tribune publiée samedi 16 juillet sur le site du Journal du Dimanche.

“Comment accepter les propos tenus par le ministre chargé des collectivités territoriales, à la veille de la fête nationale”, s’interrogent les signataires, parmi lesquels au département politique figurent l’ancien premier ministre Manuel Valls, les députés de la majorité Joël Giraud , David Valence, Raphaël Gérard, Quentin Bataillon ou encore les maires de Paris Centre Ariel Weil (PS), du 5e arrondissement Florence Berthout (DVD), du 6e arrondissement Jean-Pierre Lecoq (LR) et du 9e arrondissement Delphine Burkli (Horizons), ainsi que le premier adjoint au maire de Marseille Michel Rubirola (EELV).

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Le texte intitulé « A toutes ces personnes » a été paraphé par le neuropsychiatre Boris Kirulnik, le secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) Laurent Escure, l’entrepreneur Mathieu Gallet, l’animateur Alex Goudet, la docteure en sciences Aurélie Jean ou le psychiatre Serge Hefez.

Mme Cayeux a suscité la polémique cette semaine en répondant aux Communes du Sénat, qui l’ont interrogée sur d’anciennes déclarations datant de 2013 “sur le mariage pour tous et l’adoption pour les couples de même sexe, qualifiées de réforme capricieuse et de dessein contre nature”. Le ministre a d’abord déclaré: «Évidemment, je maintiens mes paroles. Mais j’ai toujours dit que si la loi est votée, je l’appliquerai.” Et d’ajouter : « Cependant, je dois vous dire que j’ai beaucoup d’amis parmi ces gens. Pour être honnête, l’épreuve qu’ils me font subir est mauvaise et cela m’a beaucoup bouleversé.

Pour Elizabeth Bourne, “les choses sont désormais claires”

Face à l’indignation, Mme Caillot a fait marche arrière jeudi soir dans Le Parisien, rappelant que les propos, qu’elle juge désormais “stupides et maladroits”, “remontent de dix ans en arrière”. “Et si je ne peux pas nier les avoir, je ne les utiliserais évidemment plus et je les regrette”, a-t-elle ajouté, en lui présentant “sincères excuses”.

“La question n’est pas de savoir si cette nouvelle ministre a des amis parmi “ces gens-là” de son entourage, en guise de masque de ses préjugés”, écrivent les signataires de la tribune. « Elle a délibérément choisi de tenir des propos homophobes : c’est définitivement répréhensible. Et seul un juge devrait trancher », ont-ils ajouté, alors que plusieurs associations ont annoncé mercredi avoir déposé un recours à Paris.

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“En revanche, la question est de savoir si le gouvernement, dans son devoir de solidarité, affirme la position d’un de ses membres et si la majorité rejoint son attitude”, soulignent les signataires, même si certains ministres, comme Clément Bon, ouvertement gai, publiquement distingué des paroles de Mme Caillot.

“Il s’agit de protéger non pas telle ou telle communauté, mais le respect du principe d’égalité et de légalité par un membre du gouvernement”, insistent-ils, sans toutefois réclamer la démission du ministre. “Ses propos ont blessé beaucoup d’entre nous personnellement, mais ils ont surtout sapé nos efforts quotidiens pour imposer les principes républicains sur nos territoires”, ont-ils souligné, estimant que les “regrets” de Mme Caillot manquaient “de la force de la sincérité”.

Suite aux excuses de Mme Cayeux, la Première ministre Elizabeth Bourne a assuré vendredi que “les choses sont désormais claires”. “Et Caroline Caillot, comme le reste du gouvernement, est au travail et concentrée sur sa mission”, a-t-elle déclaré.

Le monde avec l’AFP