Deux fois par an, les 32 employés de l’agence de webmarketing Rablab reçoivent une prime. Qu’ils atteignent leurs objectifs ou non, un montant leur est garanti. « C’est entre 2 000 $ et 3 000 $, selon le pourcentage d’objectifs atteints, précise le président Jean-Philippe Dauphine. C’est très rare dans notre industrie car les agences ne génèrent pas beaucoup de profit. »
Posté à 7h00
Isabelle Massé Presse
Sur les quatre dernières années, 3 % du chiffre d’affaires brut de l’entreprise ont été affectés à ces primes, réparties entre ses neuf administrateurs (1,5 %) et les autres salariés (1,5 %), hors les deux cofondateurs de l’agence. “On ne prend rien”, assure Jean-Philippe Dauphine.
En moyenne, 100 000 $ ont été distribués chaque année depuis 2019. Même la pandémie ne vaut pas mieux que ces montants.
Combien les employés toucheront-ils la prochaine fois ? L’entreprise vise un cash-flow d’environ 3,6 millions en 2022… Mais qui a dit que plus de contrats signifie plus de personnes à embaucher dans de nombreux cas, donc la somme doit être divisée par plus, non ? “Si on rajoute des gens, c’est pour être le plus efficace possible”, répond Jean-Philippe Dauphine. Lorsque vous embauchez, le bonus diminue un peu, mais c’est pour générer plus de volume à long terme. »
Les primes sont versées pendant l’été et après les vacances, peu de temps après les évaluations des employés. “Cela tombe bien après avoir passé les vacances d’été et les cadeaux de Noël, périodes chères pour les consommateurs”, note Jean-Philippe Dauphine. Deux fois par an plutôt qu’une fois est plus attractif pour les salariés et donne le temps de s’asseoir et de faire le point sur la santé de l’entreprise, de revoir ce qui a été promis. »
Avantages de la chaîne
Le co-fondateur de Rablab et son associé Nicolas Rabui évoluent dans un secteur où, sans surprise, les jeunes talents sont attirés par de nombreuses offres d’emploi. Même avec un salaire moyen de 67 000 $, il est capable de viser les récompenses en or de la compétition.
Nous avons atteint un carrefour. Ils nous demandent pourquoi nous n’augmentons pas les salaires… la prime ne compte pas ! Les gens ne voient pas nécessairement la pleine compensation. Nous sommes récemment allés à un sondage et 80 % des employés ont dit : « Nous gardons la prime », contre 20 % qui voulaient un salaire plus élevé.
Jean-Philippe Dauphiné
Le président précise que la prime s’ajoute à une série d’avantages tangibles et intangibles : la semaine de travail de quatre jours instaurée au début de l’été, une loge (Rablodge) où les employés peuvent prendre une semaine de repos chaque mois, la gratuité gym, la carte pour les vélos BIXI, budget ameublement, bureau attrayant près du marché Jean-Talon à Montréal, assurance collective avec télémédecine…
Les co-fondateurs ont acheté un terrain à Saint-Alphonse-Rodriguez où sera située la cabane préfabriquée PRO-FAB. “Comme il ne sera livré qu’en mars 2023, pour en profiter d’ici là, nous nous sommes associés à un site de location de chalets”, précise M. Dauphiné. Il nous sort du contexte de travail, mêle travail et plaisir. Les salariés s’y rendent sur la base du volontariat. »
L’ensemble des avantages sociaux explique le faible taux de roulement de l’entreprise, selon son président. “C’est 9 %”, dit-il, alors que la moyenne de l’industrie est de 40 %, selon une étude de l’A2C (Association of Creative Communications Agencies).
“Les conditions de travail sont une priorité absolue”, ajoute Jean-Philippe Dauphine. Nicolas et moi avons eu des expériences professionnelles très différentes. J’ai toujours eu des employeurs corrects et adéquats. Nicolas, non. Dans notre activité de services, 77 % du coût sont nos employés, notre ressource naturelle. Pourquoi ne pas faire de notre mieux avec ce qui nous coûte le plus dans l’année ? »
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