La nouvelle Assemblée nationale française s’est dotée ce mercredi 29 juin de vice-présidents et de questeurs, au lendemain de l’élection historique de Jaël Brown-Pivet en tant que « perchoir ». Et c’est là encore une nouveauté pour deux raisons : deux élues du groupe de Marin Le Pen sont élues vice-présidente commodément, dans un parterre de femmes.
La nouvelle chambre basse du parlement français compte déjà deux membres du groupe RN parmi ses six vice-présidents. Ce mercredi après-midi, Sébastien Chenu a été élu avec 290 voix, soit bien plus que le nombre de députés de son groupe (89 députés), tout comme Ellen Laporte, qui a recueilli 284 voix.
A leurs côtés, pour remplacer le président Jaël Braun-Pivet, l’Assemblée pourra compter sur Valérie Rabo (PS), qui a recueilli 367 voix, Elodie Jacques-Laforge du MoDem (373 voix), Naïma Moutchou d’Horizons (373 voix) , et Carolyn Fiat de La France insoumise (297 voix). Ce qu’il en est donc est aussi historique, cinq femmes sur six.
RN : La gauche accuse la majorité de faire sauter la digue
Un peu plus tard dans l’après-midi, Eric Siotti des Républicains (367 voix), Marie Gevenou de la Renaissance (378 voix) et Eric Worth, qui a également rejoint le groupe Renaissance (356 voix), ont été élus questeurs. Et malgré deux vice-présidents, la Nouvelle Union populaire, environnementale et sociale, Nupes, se sent trompée.
Question, aux yeux des élus de gauche : l’absence d’un vote républicain pour barrer la route aux députés du RN, dans ces scrutins secrets. Ainsi, les principaux ténors du Nupes sont montés au front, dénonçant les arrangements entre la majorité relative des macronistes, LR et RN, pour attribuer des postes clés à leur insu.
Jeudi, les élections tant attendues de la Commission financière
Cela promet un jeudi révélateur au palais Bourbon, puisque les députés de l’Assemblée indiqueront tour à tour le nom et surtout le parti de la personne qui sera désignée à la tête de la très stratégique commission financière, qui doit passer dans l’opposition. La bataille fait rage, entre la droite et la gauche.
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Des huit comités, le comité des finances est le plus souhaitable. Car au sommet de l’État, peut-être plus encore qu’ailleurs, la maîtrise des finances est synonyme de pouvoir. Le président de cette commission contrôle les comptes de l’Etat, examine les lois de finances, brièvement le budget, avant d’être débattu à la Chambre.
Commission des finances : la majorité doit s’abstenir
En cas de doute sur l’utilisation du budget, la commission des finances peut interpeller et lancer une mission d’évaluation pour s’assurer de l’effectivité des dépenses engagées par l’exécutif. Le président peut avoir accès à des documents confidentiels, lever le secret fiscal d’un citoyen ou encore écouter le ministre de l’Economie…
Forcément, cette contre-force aiguise les appétits. Depuis 2007, il revient toujours dans un groupe d’opposition lors d’un vote car la majorité a pour habitude de s’abstenir. Dès lors, la lutte est acharnée entre Nupes et RN. Car si les Nupes sont plus nombreux, ce n’est plus le cas si les républicains rejoignent le RN dans leur vote.
VIDÉO – Yael Brown-Pivet, le portrait
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