Deux des participants à la manifestation baptisée “KohLantess”, organisée au sein de la maison d’arrêt de France (Val de Marne) au profit d’associations caritatives, ont été condamnées pour des délits, a appris franceinfo de sources proches. Dans ce jeu, inspiré de l’émission Koh-Lanta, tournée fin juillet dans la cour de la prison, prisonniers, gardiens et habitants de Fren se sont affrontés lors d’épreuves filmées, dont une course de kart. L’un des prisonniers impliqués a été reconnu coupable de meurtre et l’autre de viol.
Franceinfo a pu prendre connaissance du casier judiciaire de ce dernier. Il s’agit d’un homme de 31 ans reconnu coupable de viol et condamné à 10 ans de prison par le tribunal de jugement du Val-de-Marne en février 2021. Selon son dossier, il devrait sortir de prison en 2031. Il était déjà condamné en 2018 pour violences avec usage ou menace d’arme, et en 2013 à 4 ans de prison pour larcin aggravé sur récidive. Son casier judiciaire comprend également d’autres condamnations pour divers crimes liés au trafic de drogue.
Les organisateurs de la manifestation ont annoncé lundi la suppression “sans délai” de la vidéo “KohLantess à la prison de Fresnes”, “par respect pour les victimes”. “Nous avons appris que l’un des détenus impliqués a un lourd casier judiciaire”, ont-ils déclaré dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, ajoutant que s’ils avaient connu le profil de ces détenus, “la vidéo n’aurait jamais été filmée, encore moins diffuser.”
Selon eux, la “condition sine qua non” pour la production de cette vidéo n’a pas été respectée par le centre pénitentiaire, à savoir : “qu’il n’y ait pas de peine résultant d’une atteinte à l’intégrité physique et/ou morale de la personne”. “La confiance que nous placions dans le centre pénitentiaire de Fren, ainsi que dans le ministère de la Justice, a été violée”, se sont plaints les organisateurs. Ils ont également demandé à la prison de rembourser intégralement la promesse de dons à une association caritative d’aide aux victimes.
Le ministère de la Justice, de son côté, a assuré qu’il n’était pas informé de l’organisation de l’événement, ni des participants, ni des activités. La sélection des détenus participants est à la discrétion de la direction de la prison pour toutes les activités ou événements qui y sont organisés.
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