France

deux policiers condamnés en appel pour avoir espionné un collègue

Deux policiers de la brigade de Saint-Avold (Moselle), jugés pour avoir mis sur écoute la voiture d’un collègue qui s’est ensuite suicidé, ont été condamnés avec sursis par la cour d’appel de Metz, a appris samedi l’avocat des parents du défunt. Les deux agents ont été condamnés le 16 août pour “atteinte à la vie privée par captation, enregistrement ou transmission de la parole d’une personne”.

L’agent de la paix qui a placé l’informateur dans la voiture de la victime et de son compagnon a été condamné à 8 mois de prison avec sursis, et le contremaître en chef qui l’a incité à le faire puis a exposé les déclarations de ses collègues a également été condamné. 10 mois de prison avec sursis.

Affecté à la brigade de nuit du commissariat de Saint-Avold, Hervé Hinschberger, 46 ans, s’est suicidé avec son arme de service le 21 janvier 2018 près d’un lac à Putelange-au-Lac. Ses parents ont porté plainte pour “harcèlement moral au travail et atteinte à la vie privée par captation, enregistrement ou transmission de paroles”.

“Climat néfaste”

Une enquête préliminaire, lancée le mois suivant par le parquet de Sargeminis et confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), exclut le harcèlement moral. Selon les éléments de la procédure, le contremaître mis en cause soupçonnait Hinschberger et son associé de bloquer sa carte professionnelle.

Quelques semaines avant le suicide de l’officier, il a planté un insecte dans la voiture de patrouille du major Hinschberger et de son partenaire. Dans un “climat néfaste” entre les commissariats voisins de Saint-Avold et de Framing-Merlebach, “l’enregistrement d’une quinzaine d’heures à son insu a été un tel traumatisme qu’il a contribué à son geste fatal. Il s’est senti trahi, suspect”, a déclaré Me Rondu en première instance.

En octobre 2019, le tribunal correctionnel de Sarreguemines a dans un premier temps relaxé l’accusé. Mais les parents du défunt et le parquet général ont fait appel. Me Dominique Rondeau a déclaré samedi à l’AFP que ses clients “estiment que les agissements des condamnés ont contribué au suicide de leur fils”, précisant qu’ils envisageaient “d’agir contre l’administration pour reddition de comptes au service (…) en raison de les erreurs de commandement et de contrôle ». Les deux prévenus ont fait appel devant la Cour de cassation, a indiqué l’avocat des parties civiles.