France

discussions difficiles à gauche pour un accord sur les législatives

Jean-Luc Mélenchon rêve d’être Premier ministre, et la France insoumise espère créer un “intergroupe” à l’Assemblée nationale avec ses partenaires de gauche après les législatives. Mais si les rencontres et les discussions s’enchaînent, les écueils entre les formations sont encore nombreux, à en croire la confiance que nous avons recueillie auprès des participants.

L’idée est de s’entendre en vue de former un front commun aux législatives et, si nécessaire, un « intergroupe » à l’Assemblée nationale. En tout cas, la gauche négocie toujours un accord en vue des législatives. Mais pour l’instant, l’écho que nous en avons recueilli révèle plus de dissonances et de difficultés que d’étapes importantes du pacte.

Alors dimanche soir, si les Insoumis se disaient confiants dans une feuille de route commune avec l’Europe écologiste – les Verts, ils n’ont pas caché qu’ils étaient “plus inquiets” pour les communistes. Et les retours des interlocuteurs de la France insoumise brossent un tableau encore plus sombre de l’état des discussions.

Amertume de l’environnement

Après le second tour de l’élection présidentielle, le cadre rebelle a aussi adouci l’enthousiasme de sa propre famille politique pour les écologistes, expliquant : “Selon à qui on parle au téléphone, on a un discours très différent. Sur des points du programme comme désobéissance civile, et quand tu croises quelqu’un d’autre, comme Eva Sass, elle dit qu’il n’y a pas d’accord sur le programme et que ce n’est pas Julien Bayou qui décide ça.”

“La dernière proposition que nous leur avons faite était de 25% de plus que les résultats proportionnels de l’élection présidentielle. Ils ont la possibilité d’avoir un groupe, nous voulons juste un intergroupe commun”, a déclaré la source de l’Union populaire “et nous pensons à en ajoutant” écologie “parce que c’est un concept important pour nous dans notre programme. Nous ne voulons pas qu’ils se dissolvent et se diluent.”

“Ils sont dans une situation de prise de contrôle”, a-t-il dit, critiquant une personnalité écologiste que nous avons sollicitée. Ce cadre ferme même l’interdiction : “Vos insums mentent. Je ne vois pas comment il peut y avoir un accord, comment il peut être débloqué. Je pense que c’est mort.” Et le militant EELV d’énumérer l’absence d’accord au niveau électoral en ce moment, l’absence d’accord sur les “questions géopolitiques”, les divergences sur la volonté de l’Insoumis de pouvoir déroger aux traités européens, si nécessaire. “La seule chose qu’ils peuvent continuer, c’est le nucléaire”, admet-il, avant de promettre : “Il n’y aura aucune obéissance de notre part. Jamais dans ma vie. 40 ans se sont écoulés pendant lesquels nous nous battons contre cela au PS. »

Pourtant, plusieurs lignées coexistent au sein d’EELV, certaines semblant plus enclines à faire alliance avec la France insoumise.

Les communistes ne veulent pas diriger des circonscriptions

Si nous passons maintenant aux discussions entre insurgés et communistes, les choses semblent encore très confuses à ce stade. Bien sûr, de la part des premiers, on assure : « Il n’y a aucune volonté d’imposer notre programme comme je le vois partout. Tout va bien et quand ça coince, on essaie de faire en sorte d’avancer. » “Mais ils avancent, ils reculent, ils avancent, ils reculent”, se plaint-on.

“Il y a encore trop d’incertitudes aujourd’hui quant à savoir si les communistes accepteront l’accord ou claqueront la porte”, a déclaré à distance à BFMTV, un membre du PCF impliqué dans les pourparlers.

Alors que les représentants des deux formations devaient se réunir ce lundi soir à 19 heures, il a relevé un obstacle majeur : le nombre de circonscriptions à allouer l’une à l’autre. “Ce qu’ils nous ont proposé la semaine dernière n’était pas respectueux”, a déclaré le communiste, avant d’expliquer : “40 circonscriptions pour les communistes ne nous paraissent pas acceptables, nous voulons plus de circonscriptions”. “Il y a un côté qualité”, a-t-il dit. Entendu : il y a des circonscriptions qui sont plus gagnées que d’autres.

Les négociations sont menées uniquement avec le PS

Enfin, il y a un troisième front. Alors qu’on pensait qu’ils étaient finalement exclus de ces négociations à gauche par la volonté des insoumis, les socialistes ont finalement réussi à se faire une petite place. Par ailleurs, comme l’a révélé BFMTV ce lundi après-midi, la première rencontre entre le Parti socialiste et la France insoumise aura lieu mercredi matin.

Les relations ont commencé à se calmer mardi dernier avec un vote du Bureau national du PS en faveur d’un rapprochement avec la France insoumise. Calme relatif, qui n’a pour l’instant été suivi d’aucun effet ni conversation.

Selon nos informations, c’est une initiative d’Olivier Faure, premier secrétaire du Parlement, qui a donné l’occasion d’activer ce premier règlement de la situation. En tournage avec l’eurodéputé insoumis Manuel Bompar lors d’une soirée pré-électorale pour le second tour de l’élection présidentielle, le député de Seine-et-Marne s’est dit ouvert à des discussions sur un programme commun. État sine qua non pour les désobéissants. Suffisant pour que les négociations s’ouvrent enfin, mais loin de se conclure. Le plus dur recommence.