Ministère des Affaires étrangères du Quai d’Orsay à Paris. FRANCOIS PLUS / AFP
“On a l’impression qu’il y a des trucages : ce n’est pas vrai. « En ce 27 mars, sur le plateau de France 3, Emmanuel Macron tente d’éteindre l’incendie qui menace la fin de sa campagne présidentielle. Alors que les révélations se succèdent sur l’influence des sociétés de conseil privées, comme McKinsey, sur l’appareil d’Etat durant son quinquennat, le candidat à la présidentielle se défend contre tout favori : des marchés publics : concurrence, transparence, responsabilité des signataires. (…) Que toute personne qui a des preuves de manipulation place le contrat en question sous le coup de la loi pénale. »
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Pourtant, des documents reçus du Monde semblent suggérer que ces règles ont été enfreintes au moins une fois durant le premier mandat d’Emmanuel Macron : en 2018, le gouvernement a décidé d’attribuer un contrat de prestations de conseil d’une valeur de plus de 100 000 euros à Pierre-Jérôme Henin, communicant bien connu de la droite sarcastique, s’est émancipé de la règle de base des marchés publics : le traitement équitable de tous les candidats au marché. Des courriels internes suggèrent que de hauts responsables du ministère des Affaires étrangères avaient déjà décidé d’attribuer le contrat à la société de M. Enin avant de recevoir des offres de fournisseurs concurrents – tout en étant conscients de la nature potentiellement controversée du contrat.
L’affaire remonte à mars 2018. M. Macron s’apprête à lancer une grande série de “Consultations citoyennes pour l’Europe”, des rencontres démocratiques locales destinées à présenter des idées de réforme de l’Union européenne (UE). L’enjeu est de taille pour le nouveau président français, qui a vu toutes ses autres idées pour reconstruire l’Europe rejetées par la chancelière allemande Angela Merkel.
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Gagnant sélectionné
Pour organiser ces concertations, le gouvernement dépêche en urgence une vingtaine de conseillers ministériels et hauts fonctionnaires de l’Etat pour mettre en place un nouveau “Secrétariat général de concertation avec les citoyens européens” (SGCCE). Rattachée au Quai d’Orsay, cette équipe interministérielle doit élaborer en quelques semaines le cadre et la méthode des centaines de réunions qui se dérouleront pendant six mois dans les préfectures, les écoles et les associations. Mais pas de profil : un spécialiste de la communication capable de donner une forte visibilité médiatique à cette initiative du président Macron, annoncée lors de son discours à la Sorbonne pour l’Europe.
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