La Première ministre Elizabeth Bourne devant l’hôtel Matignon, le 30 août 2022. LUDOVIK MARIN / AFP
La Première ministre Elisabeth Bourne l’a répété au micro de France Inter jeudi 1er septembre, trois jours après avoir assuré aux entrepreneurs du Medef : le gouvernement estime qu'”il n’y aura pas de coupure de gaz pour les ménages” cet hiver. “Nous nous préparons depuis des mois pour éviter d’avoir à faire des coupes”, a assuré Mme Bourne. Or, avec la crise énergétique liée au gaz, mais aussi à l’électricité, la possibilité de « délestage » est souvent évoquée.
A lire aussi : Article réservé à nos abonnés “Le mot sobriété est désormais sur toutes les lèvres, d’Elizabeth Bourne à la tête du Medef”
Qu’est-ce que tu racontes ? Interruptions ciblées et temporaires d’alimentation destinées à soulager le système en cas de surtension, avec un fonctionnement différent pour le gaz et l’électricité. Quand faut-il organiser les licenciements cet hiver ? Probablement en cas de « pic de froid, [si] économies d’énergie prévues [d’ici là] ne sont pas réalisées », a résumé la ministre de la Transition énergétique Agnès Panier-Runache, mardi 30 août, sur franceinfo.
Un système français doublement fragilisé
Cette perspective est évoquée car le système énergétique français sera confronté cet hiver à une double vulnérabilité. Côté gaz, le pays a connu un tarissement progressif des flux en provenance de Russie, et le géant russe Gazprom s’apprête même à arrêter complètement les livraisons au groupe Engie à partir du 1er septembre. Autorités et producteurs estiment que la France, qui a diversifié son approvisionnement et est en train de remplir ses stockages, disposera de suffisamment de gaz pour passer un hiver “normal” en termes de météo. En revanche, il peut y avoir une pénurie temporaire en cas de rhume.
Quant à l’électricité, le pays est privé d’un grand nombre de réacteurs nucléaires puisque douze (sur les cinquante-six existants) ont été arrêtés en raison de problèmes de corrosion, et EDF devra pouvoir en redémarrer suffisamment pour le froid. cycle mensuel. A cela s’ajoute le faible niveau de remplissage des réserves hydrauliques. La France devra donc compter sur les importations de ses voisins.
Électricité : coupures tournantes de deux heures maximum
« En électricité, nous nous préparons chaque année à faire face à des pics de consommation qui peuvent conduire à des délestages tournants, c’est-à-dire nous descendons en moins de deux heures, zone par zone », a expliqué Elizabeth Bourne.
Avant d’en arriver là, le gestionnaire du réseau, RTE, dispose d’autres moyens : appels à l’action citoyenne pour réduire les consommations, coupures payantes des sites industriels, chutes de tension sur le réseau, etc. Si ces fonds ne suffisent pas, RTE peut recourir à “l’aménagement, en dernier recours, des licenciements temporaires, localisés et tournants”. Ce déchargement ne dure pas plus de deux heures, à certains intervalles de temps (de 8h00 à 13h00 et de 17h30 à 20h30) et touchera tour à tour les ménages, quartier par quartier.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Face à la crise énergétique, l’exécutif tente de préparer les esprits à la « fin de l’abondance »
“Nous avons précédemment identifié les utilisateurs sensibles [hôpitaux, défense nationale, sécurité, industries à risque], pour s’assurer qu’on ne coupe pas l’électricité à quelqu’un qui a un dispositif médical”, rassure Elizabeth Bourne. Les patients à haut risque traités à domicile (notamment sous ventilateurs) peuvent déclarer bénéficier “d’une information particulière et personnelle en cas de coupure d’électricité”, a souligné RTE.
Gaz : seules les entreprises seront visées
La situation est différente avec le gaz, où il n’est pas possible d’organiser des interruptions à distance, comme avec l’électricité. « Si nous réduisons la consommation de gaz de 10 %, il n’y aura pas de restrictions. C’est quelque chose qui est à notre portée. Mais si on ne fait pas ces économies, si on ne se mobilise pas assez, si l’hiver est froid, il y aura peut-être des restrictions, mais elles n’affecteront pas les ménages pour lesquels il n’y aura pas de coupures”, prévient Mme Borne.
“Pas un seul ménage n’arrête l’installation de gaz tout seul, c’est trop dangereux, donc seules les équipes techniques peuvent l’arrêter et c’est pourquoi [seuls] les fabricants (…) peuvent le faire », a expliqué Mme Pannier-Runacher. “La variable d’ajustement, ce seront les industriels”, a ajouté le président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Emmanuel Vargon.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Gazprom va couper le robinet de gaz du fournisseur Engie à partir du jeudi 1er septembre
La France a commencé à s’organiser pour un éventuel dépôt de gaz avec un décret publié en avril pour le réglementer. Le système concerne moins de 5 000 grands utilisateurs, avec des exceptions prévues pour les services publics essentiels (hôpitaux, écoles, etc.) et certaines entreprises. En revanche, certains clients industriels ou tertiaires (galeries commerciales, salles de concert, stades, etc.) sont ciblés.
Le consommateur doit se conformer à l’ordre de déchargement “dans les deux heures suivant la réception”, précise le décret. Ensuite, l’incision “ne prend pas deux heures, car l’arrêt de la valve prend du temps : cela peut prendre une journée, deux jours”, selon Mme Pannier-Runacher.
Le monde avec l’AFP
Add Comment