Elizabeth Bourne lors du show à Matignon, le 16 mai 2022. JULIEN MUGE POUR LE “MONDE”
Trop “techno”, pas assez “politique”, trop “froide”… Longtemps considérée comme l’une des favorites pour rejoindre Matignon, Elizabeth Bourne avait vu son nom s’user au fil des semaines dans une course aux rumeurs ouverte par l’élection d’Emmanuel Macron le 24 avril. L’hypothèse semblait quasiment évacuée le lundi 16 mai, lorsque le ministre du Travail, prétendument un représentant de la gauche du macronisme, a finalement été nommé Premier ministre. Plus de trois semaines après sa victoire, le chef de l’Etat, qui se présente comme le “nouveau président” élu par le “nouveau peuple” pour un “nouveau mandat”, a donc élu une femme bien connue dans la majorité présidentielle. , synonyme de continuité. Trop, peut-être.
Bien sûr, Elizabeth Bourne incarne une petite révolution à travers son genre : elle est la seule femme à avoir porté une telle responsabilité sous la Vème République depuis l’éphémère transition d’Edith Cresson en 1991-1992. Jean Castex de le souligner en dédiant sa nomination à « tous les petites filles » pour les appeler « suivant leurs rêves ».
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Mais à peine nommé, il s’appelait déjà “Plan B”, comme Bourne. Une façon de résumer le fait que son arrivée est une option sans risque, qui ne risque pas de provoquer de critiques, mais sans pour autant accroître l’enthousiasme. Selon une source de l’Elysée, le chef de l’Etat avait en tête le nom de cette femme “courageuse”, qui a à ses yeux une grande “culture d’Etat” tout en connaissant le monde des entreprises depuis le soir de sa convalescence. élections. S’il a attendu si longtemps pour officialiser son choix, c’était simplement pour donner au pays “le temps de respirer démocratiquement”. A moins que d’autres profils ne soient explorés, qui de Veronica Bedage à Valérie Rabo en passant par Catherine Votren lui ont fermé la porte au nez ou provoqué un mouvement de rejet chez ses partisans.
“Allons-y avec le même”
“Tout changer pour ne rien changer. Trois semaines de tergiversations et de petits rendez-vous, sans vision ni perspective. Avec la nomination d’Elizabeth Bourne, on repart avec le même”, a raillé le président du parti Les Républicains (LR) Christian Jacob.
A 61 ans, l’école polytechnique n’est pas là pour se précipiter en France, qui se dit brisée. Fille d’un pharmacien et orpheline d’un père de 11 enfants, elle possède une haute qualité recherchée par le chef de l’Etat : être capable de persuader la gauche sans intimider la droite. “Elle a sans aucun doute la condition préalable à l’engagement nécessaire pour devenir la deuxième femme Premier ministre de notre pays. Je lui souhaite le meilleur pour la France », a déclaré l’ancienne candidate LR à la présidentielle Valérie Pecres. En 2015, la maire de Paris, Anne Hidalgo, l’a décrite pour sa participation à Libération comme “une fille humaine extraordinaire et incroyable” et “une bête de somme incroyable”.
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