Le président de la République Emmanuel Macron s’adresse aux Français lors du journal télévisé à Paris, le 22 juin 2022. LUDOVIC MARIN / AFP
Emmanuel Macron a mis le singe sur les épaules de ses adversaires pendant quelques jours avant de s’envoler une semaine aux sommets internationaux. Le chef de l’Etat a été invité à la télévision, mercredi 22 juin, à prononcer un discours pour tenter de sortir de l’impasse dans laquelle il était entraîné par l’étroite majorité relative dont il dispose à l’Assemblée nationale. Ce « fait nouveau » dans l’histoire de la Ve République suppose, selon lui, « d’apprendre collectivement à gouverner et à légiférer de différentes manières », sur la base du « compromis » et du « dialogue ».
Pourtant, après deux jours de concertations avec les chefs des principaux partis, le locataire de l’Elysée n’a pas encore trouvé la martingale lui permettant de combler le vide de quarante députés qui lui manque pour voter. Il a donc fait appel à la “responsabilité” de “toutes les forces politiques”, leur demandant de trancher entre deux options : signer un “accord de coalition” avec lui ou construire une “majorité texte par texte”.
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En substance, Emmanuel Macron garantit qu’il ne renoncera pas à la “cohérence” du “projet clair” qui était le sien lors de l’élection présidentielle, au cours de laquelle les Français lui ont accordé une “légitimité claire”. Il a seulement insisté sur la nécessité d’un “projet responsable, c’est-à-dire fiable et financé”, qui ne sera riche de “ni plus d’impôts ni plus de dette budgétaire et environnementale”. C’est pourquoi notre pays a plus que jamais besoin de réformes ambitieuses afin de continuer à créer plus de richesses, plus de travail et faire plus d’innovations », a déclaré le chef de l’Etat.
Elizabeth Bourne est absente du discours du président
Voilà pour l’appel aux 61 députés du parti Les Républicains (LR), qui est la clé d’une éventuelle majorité. Et ce, même s’il s’abstient d’invoquer sa promesse de réforme des retraites à 65 ans, voulue par la droite.
Sans changer son projet, le président de la république renvoie la balle à l’opposition. “La part de responsabilité et de coopération que les différentes formations de l’Assemblée nationale sont prêtes à assumer devra être clarifiée dans les prochains jours”, a-t-il souligné. Rejoindre une coalition de gouvernement et d’action ? S’engager à ne voter que pour certains textes ? La seconde option semble la plus crédible, elle s’apprécie au sommet de l’Etat ; un « changement de culture » politique ne peut pas se faire du jour au lendemain, après 60 ans d’exercice du pouvoir sur la base de la présidence et de la règle de la majorité.
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