LOUDOVIC MARIN / AFP Le président français Emmanuel Macron s’adresse aux médias après une conférence avec le chancelier allemand Olaf Scholz sur la crise énergétique par liaison vidéo au palais présidentiel de l’Elysée à Paris le 5 septembre 2022. (Photo par Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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Pour la première fois, Emmanuel Macron a évoqué la question des surprofits, mais lors d’une conférence de presse lundi 5 septembre, il n’a pas beaucoup ouvert la porte.
ÉNERGIE – Elizabeth Born et Bruno Le Maire en ont déjà beaucoup parlé, mais on attendait toujours la position d’Emmanuel Macron sur l’un des débats de l’été qui passionne la classe politique et la Macronie : la taxation des surprofits. Selon une majorité de Français, selon un sondage YouGov pour Le HuffPost, commandé par l’opposition, il ne fait pas partie des priorités du chef de l’Etat.
Lors d’une conférence de presse consacrée au thème de l’énergie et organisée ce lundi 5 septembre, le président de la République s’est également bien gardé d’évoquer les termes “excédents de bénéfices”, préférant ceux de “bénéfices”. Il a encore moins parlé de leur fiscalité. Il vient d’ouvrir la voie à un accord paneuropéen qu’il veut passer avec le chancelier allemand Olaf Scholz.
“Nous défendons un mécanisme de contribution européen […] cela sera exigé par les opérateurs énergétiques. Cette contribution peut ensuite être restituée aux pays pour financer leurs mesures nationales ciblées. C’est l’approche que nous soutenons. C’est le plus cohérent, le plus juste et le plus efficace pour éviter les distorsions entre Européens”, s’est défendu Emmanuel Macron. La Commission européenne est en train de finaliser un plan pouvant contenir ce type de mesures.
Macron donne l’exemple avec 20 centimes de Total
Pourrait-on alors voir la création d’un impôt européen ? Ce n’est pas ce que pointe la deuxième partie de la réponse du président de la République, qui a été reprise sur le sujet. Il a donné deux exemples de contributions que la France a déjà demandées à deux grandes entreprises du secteur : TotalÉnergies et EDF.
« Nous avons déjà impliqué des énergéticiens en demandant un effort volontaire, à Total par exemple. Nous nous sommes organisés judicieusement pour qu’ils aient un impact sur le prix payé par le consommateur. Vous êtes en train d’en bénéficier », a répondu Emmanuel Macron, évoquant la réduction de 20 centimes prévue par Total. Pour EDF, il a évoqué des “augmentations de volumes ARENH”, une disposition technique qui contraint le groupe à vendre de l’électricité d’origine nucléaire à prix réduit à ses concurrents.
Une déclaration dans la lignée des récentes sorties du ministre de l’Economie Bruno Le Maire. “Les entreprises font des profits et quand elles font des profits importants, surtout en période d’inflation, elles doivent en reverser une partie directement aux Français”, a-t-il déclaré lors de la rentrée du Medef fin août. Puis il a pensé que “créer une taxe pour chaque problème est un mal français”.
Il est bien évident que ce n’est pas la direction que le président de la république a voulu prendre ce lundi.
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