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Enfin après 2 ans, les festivals redonnent vie à Québec

La grande route des festivals sera encore occupée cet été au Québec, pour le plus grand plaisir des festivaliers, mais aussi de tout l’écosystème de ces événements vitaux pour plusieurs régions de la province.

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Après deux longues années minées par la pandémie et les restrictions qui l’ont accompagnée, les organisateurs du festival peuvent désormais remettre la pédale au plancher pour proposer des éditions « normales » aux quatre coins de la province.

Le magazine vous propose désormais une liste de festivals à sauvegarder, qui recense tous les événements à inscrire à votre agenda.

Et à voir la folie aux guichets ces dernières semaines, il faut avouer que le public a hâte de découvrir ces événements, que plusieurs considèrent comme « faisant partie intégrante de l’été québécois » (voir l’autre texte plus bas).

« Il y en a quelques-uns qui sont déjà épuisés. […] Il y a une vraie volonté de se rassembler”, a déclaré Patrick Kearney, président de Refrain, un groupement de festivals régionaux indépendants.

Agence photo QMI, Marcel Tremblay

“Mine d’or”

Le retour des festivals donnera un bon coup de pouce à l’écosystème qui les entoure dans toutes les régions.

Des techniciens qui ont peu travaillé pendant la pandémie aux restaurants contraints de fermer, en passant par les hébergements et les entreprises locales, le ralentissement économique profitera à de nombreuses personnes.

« C’est une mine d’or », lance le maire de Baie-Saint-Paul, où se déroulera Le Festif ! 21-24 juillet.

« Tout est déjà complet dans les hébergements, tout est vendu pour les billets. C’est important pour nous », souligne Michael Pilot.

L’exemple des Fêtes ! est convaincant. L’événement de quatre jours génère plus de 4 millions de dollars en retombées économiques dans Charlevoix, estime la direction de l’événement.

« On a tendance à exagérer parfois quand on parle de retombées, mais dans le cas des festivals, c’est important et pertinent sur le plan économique », explique Paul Arsenault, professeur à l’UQAM spécialisé en tourisme.

Parmi les grands acteurs de l’industrie, une étude réalisée en 2018 par le Regroupement des grands événements internationaux (RÉMI) évalue à 291 millions de dollars la valeur ajoutée pour l’économie québécoise des 17 festivals membres.

Inséparable

Et le scénario peut s’appliquer presque partout au Québec. Plusieurs régions sont même tellement associées à leur festival que les deux sont devenues indissociables.

« Au Québec, les villes ont une image de marque associée à leur festival. Si je dis Saint-Jean-sur-Richeliu, on pense automatiquement aux montgolfières. Tout le monde sait où se trouve la Petite-Vallée grâce au Festival Chanson », souligne Martin Roy, président-directeur général du RÉMI.

Cette réalité est forte pour les destinations « mises sur la carte » par leur festival.

UNE PARTIE IMPORTANTE DE L’ADN DU QUÉBEC D’ÉTÉ

Les deux dernières années ont dépouillé les Québécois d’une partie de leur ADN, les privant de plusieurs festivals, disent les organisateurs et les experts. C’est pourquoi ce retour à 100 % était si attendu.

Parfois on rigole, mais on n’exagère guère quand on dit que chaque commune, chaque coin du pays a son festival.

Paul Arsenault, professeur de marketing à l’UQAM

Que ce soit très grand ou très petit, ce n’est pas l’important, l’important est que nous nous réunissions d’abord.

Et il y a une raison, dit un expert du tourisme.

« Les Québécois souffrent de l’hiver et quand les beaux jours arrivent enfin, ils veulent être dehors, ils veulent faire la fête, ils veulent voir leurs amis, ils veulent s’amuser », a analysé Paul Arsenault, professeur de marketing à l’UQAM.

“Les festivals font vraiment vivre nos communautés et on s’en est rendu compte quand on en a été privés pendant deux ans.”

Célébrez et partagez

Une recherche rapide dans la section Fêtes et festivals de la plateforme Bonjour Québec du ministère du Tourisme donne 247 résultats pour la seule saison estivale. Musique, artisanat, danse, bière, sports, plaisirs gourmands, chaque Québécois y trouve son bonheur.

“Cela fait partie de l’ADN collectif. C’est dans notre façon d’être de faire la fête, de partager, de se montrer, et c’est assez typique », explique François-G. Chevrier, directeur général d’Événements Attractions Québec, un organisme représentant les événements et festivals au Québec.

“Je n’ai pas les chiffres sous la main, mais je pense que, proportionnellement au nombre de festivals par habitant, nous ne sommes certainement pas loin de devenir champions du monde”, ajoute-t-il en riant.

Fidèle aux rendez-vous

C’est ce penchant pour la fête, pour les bons moments, qui fait que les organisateurs et les experts affirment que même après deux ans “loin des yeux, loin du cœur”, les festivaliers seront au rendez-vous cette année.

Photo : Agence QMI, René Leclerc

“Nous y avons tous pensé. On se demandait tous si les gens allaient revenir, c’est certain. Mais là on comprend que les ventes de billets marchent bien partout. Nous étions à un stade où nous étions tous tellement dégoûtés que nous avions hâte d’ouvrir nos événements », explique Patrick Kearney, président du Refrain Events Group et directeur général du Santa Teresa Festival.

Des avantages dans toute la province

Restaurants, hébergements, commerces de proximité : tout le monde profitera du grand retour des festivals

Photo d’archive, Cédric Bélanger

Le Festival de la chanson de Tadoussac a donné le coup d’envoi de la saison des festivals en juin et des spectacles comme Les Louanges ont attiré le public de passage en ville, au grand plaisir du maire Richard Therrien.

De nombreux commerçants et entreprises seront ravis de voir débarquer des milliers de festivaliers dans leur coin de pays en cet été qui revient à la normale. Les retombées pour le Québec se chiffreront en centaines de millions de dollars.

Tadoussac a semblé lancer la saison avec son Festival de la chanson du 16 au 19 juin. Le maire avoue sans hésiter que les retours de l’événement sont bons.

« Nous n’avons pas encore les chiffres, mais les retombées économiques approchent le million », indique Richard Therrien. Pour nous, c’est le grand rendez-vous de la saison estivale.

Et l’impact se fait sentir partout.

“C’est important parce que ce sont des dates qui ne sont pas encore dans la saison touristique, donc ça permet de prolonger la saison.” On était plein », raconte Tina Tremblay, directrice générale de l’Hôtel Tadoussac.

De grosses retombées

À la MRC de Mékinac, le retour du Festival Western de St-Tite sera également le bienvenu.

«Cela représente 45 millions de dollars en retombées, explique Anne-Marie Lemire, directrice générale adjointe de l’événement.

“Il est certain que cela aura un impact positif sur l’économie locale et régionale. L’ensemble de l’écosystème, l’hôtellerie, la restauration, le commerçant de proximité, bénéficieront tous du retour à pleine capacité, dès l’arrivée de 600 000 visiteurs sur les 10 jours de l’événement.

Selon la mairesse de Drummondville, Stéphanie Lacoste, en calculant les bénéfices d’une dépense touristique moyenne de 225 $ par nuit, multipliés par l’ensemble des quelque 250 festivals et événements qui ont lieu dans la province durant la saison estivale, les bénéfices sont importants.

Et en effet, toutes les communautés profitent du vaste réseau de festivals au Québec, assure le président-directeur général d’Événements Attractions Québec.

« En région, les impacts sont ressentis par l’ensemble de la communauté d’affaires. Il y a toutes sortes d’effets indirects. C’est le cas de l’épicerie où les gens s’arrêtent pour faire leurs courses, de l’offre de restauration et de services, et de la station-service où les festivaliers font le plein avant de partir. Campings pleins, auberges, hôtels, artisans de passage », note François-G. Chèvre.

Soutien de l’État

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