A Pontcharra (Isère), dans cette petite commune au pied des Alpes, les cas reprennent les uns après les autres, puisqu’un cas de 36 ans a été élucidé il y a deux semaines, le 8 mai. Yves Chaten a avoué avoir tué Marie-Thérèse Bonfanti. La jeune femme distribuait des tracts devant chez elle lorsqu’elle a disparu.
Cette maison est située près de la gare, là où un an plus tôt, le 9 mai 1985, Marie-Ange Billu a disparu. Ce jour-là, la jeune fille de 19 ans a déposé son train pour aller travailler. Puis elle a décidé de faire du stop et a disparu. Les gendarmes l’ont perdu à quelques mètres de la maison de Chatten. Valérie Julien, sa soeur, n’avait que 12 ans à l’époque. Mais elle n’oublie pas que sa mère a tout de suite suspecté Yves Chaten. Elle sera poursuivie par l’accusé et condamnée pour diffamation. A Ponchara, tout le monde lui a tourné le dos.
“Pendant 37 ans c’était le deuil et qui est venu à la surface il y a 15 jours était violent. On se rend compte qu’on avait raison ou tort. L’avenir c’est ce qu’il nous dit qu’on le dise ou non”, a déclaré Valérie Julien. Philip Follett, ancien commissaire, est à l’origine de la réouverture du dossier. Lorsqu’il a rouvert l’enquête, il a découvert au moins six autres cas non résolus : meurtre, disparition ou agression sexuelle, toujours autour de la maison de Chatten.
Pourtant, les gendarmes n’étaient pas au bout de cette piste, et Yves Chaten n’a jamais été inquiété. Des faits trop anciens sont prescrits aujourd’hui. L’avocat de la famille Billoud, Me Bernard Boulloud, espère qu’il passera aux aveux. Dans la prison de deux semaines, Yves Chaten, 57 ans, n’a pas encore été interrogé sur l’affaire, ni sur l’ensemble des crimes commis dans le secteur, que les habitants de Ponchara appellent le « maudit triangle » depuis 37 ans.
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