France

Éric Coquerel veut lancer une mission d’information sur le CAC40

Interrogé à l’issue du Conseil des ministres, Bruno Le Maire s’est dit “très favorable” à l’idée, y voyant un moyen de “calmer le débat” sur cet épineux sujet.

La question de l’impôt que paient les grandes entreprises revient sur le devant de la scène. Interrogé vendredi matin, le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Eric Cockerell, a appelé à un retour sur le dossier par le biais d’une mission d’enquête parlementaire, s’indignant des faibles sommes versées par certains groupes au trésor public. Avant de recevoir, quelques heures plus tard, le soutien du patron de Bercy, Bruno Le Maire, sur sa suggestion.

“Total ne paie pas d’impôts en France. Zéro impôt sur les sociétés en 2019 et 2020 », s’est exclamé le législateur provocateur, faisant référence à un article publié par les médias Bastamag qui affirmait que TotalEnergies n’avait payé aucun impôt sur les sociétés au cours des deux années précédentes. “Une marque de fabrique de certaines entreprises du CAC40”, selon le parlementaire, qui a souhaité l’ouverture d’une mission d’enquête sur le dossier. “Total a 25% de ses opérations en France. Je ne crois absolument pas que Total ne fasse pas de bénéfices en France”, a-t-il ajouté, dénonçant “l’optimisation fiscale” dont fera preuve l’énergéticien. Plus largement, Eric Cockerell a appelé à une refonte de la fiscalité des entreprises. “Ce n’est pas normal que les petites et moyennes entreprises paient près de 25% d’impôt en France, alors que les 300 plus grandes entreprises paient 17% et que les entreprises du CAC40, comme Total, paient zéro impôt”, a-t-il fulminé.

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A l’issue du Conseil des ministres, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a soutenu l’idée d’une mission exploratoire, se disant “très favorable” à son lancement. “Le Parlement est dans son rôle lorsqu’il contrôle, lorsqu’il fait preuve de transparence et lorsqu’il permet au débat de s’apaiser”, estime le membre du gouvernement. Si cette mission « permet d’apaiser un peu le débat, de voir la réalité des problèmes, au lieu d’avoir systématiquement ce réflexe de fiscalité et de regarder ce qui se passe réellement avec la fiscalité des entreprises, de faire la plus grande transparence sur le sujet », a-t-il ajouté, assurant qu’il « n’y voit que des avantages ».

Pas d’impôt sur les “bénéfices excédentaires”

TotalEnergies est sous le feu des critiques de la gauche depuis plusieurs semaines. La révision des mesures de pouvoir d’achat envisagées par le gouvernement a été l’occasion d’ouvrir un débat sur une éventuelle « taxe sur les bénéfices excédentaires », comme l’ont fait l’Italie et l’Espagne. Pourtant, l’Assemblée nationale a rejeté samedi l’idée d’une taxe sur les “bénéfices excédentaires” ou “bénéfices extraordinaires” des grandes multinationales – notamment pétrolières – malgré les protestations de la gauche et de l’extrême droite. Le gouvernement, pour sa part, reste opposé à cette mesure, préférant que les entreprises en question fassent des efforts pour faire profiter le porte-monnaie des ménages plutôt que d’augmenter les prélèvements.

Sous pression, TotalEnergies a annoncé une remise de 20 centimes le litre de carburant à la pompe entre septembre et novembre dans toutes ses stations-service, puis de 10 centimes le litre le reste de l’année. Cette remise s’ajoutera à la remise financée sur le budget de l’Etat.

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