Le ministre de la justice Eric Dupont-Moretti lors d’une visite de la structure de réinsertion du centre pour ex-détenus de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), au sud de Paris, le 23 août 2022. EMMANUEL DUNAND / AFP
Au nom de la transparence et pour tenter de mettre fin à la polémique créée par la diffusion le 18 août sur YouTube d’images d’une course de karting à la maison d’arrêt de Frans (Val-de-Marne), Eric Dupont-Moretti a décidé d’informer à la presse, mardi 23 août, le résumé du réexamen administratif qu’il a ordonné. Ce document de neuf pages prétend montrer que ni le ministre de la Justice ni son bureau n’ont été interrogés ou informés à l’avance de cette activité “Kohlanness”. Le contraire serait surprenant, étant donné qu’une grande variété d’activités sont organisées dans les 187 centres pénitentiaires du pays.
Cette demi-journée a réuni le 27 juillet autour d’une série d’animations ludiques et sportives (quizz, tir à la corde au-dessus d’une piscine, karting), dix prisonniers, dix gardiens et dix jeunes de la commune de Fran. L’équipe de superviseurs a également gagné. Le premier prix de 1 700 € est allé à l’association dont ils portaient les couleurs, Arc-en-ciel, créée à la mémoire d’un leader suicidaire. Les deuxième et troisième prix (650 € et 350 €) sont allés aux associations Relais parents-enfants et Unitess en faveur des jeunes défendus par les deux autres équipes.
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Le financement par l’établissement pénitentiaire de cette “action purement caritative en faveur d’associations dont l’activité est méritoire” est limité à ces prix, lit-on dans le rapport signé par le secrétaire général du ministère et le directeur adjoint de l’administration pénitentiaire. “Les frais de l’événement ont été entièrement pris en charge par l’association Unites”, a-t-il souligné. Une des manières de répondre aux critiques apparues sur les réseaux sociaux concernant le détournement de l’argent des contribuables.
Quant au mode de sélection des détenus ayant participé à l’opération, “il correspond à un fonctionnement tout à fait classique lorsqu’il s’agit d’une activité socio-culturelle ou sportive organisée dans le centre de détention”. En d’autres termes, le comportement en garde à vue et l’investissement dans l’éducation ou le travail sont pris en compte dans l’évaluation avant de pouvoir bénéficier d’une telle carotte, y compris pour les personnes privées de liberté pour un crime.
“Erreur d’évaluation”
De son côté, le réalisateur, Jimmy Delist, entendu parler de cette enquête administrative, a admis avoir “fait une erreur de jugement” et a été dépassé par les implications médiatiques de l’événement.
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