France

Et si le PCQ d’Éric Duhaime devenait l’opposition officielle?

C’est ce qu’on appelle la domination totale.

Le dernier sondage, publié dans Le Journal, confirme non seulement que la CAQ a cessé de baisser, mais qu’elle est maintenant en hausse.

Après un budget largement approuvé et la victoire des élections partielles de Marie-Victor, la réélection de la CAQ semble en route.

Avec 44 % des voix aujourd’hui, une avance de 27 points sur le PLQ, le parti de François Lego pourrait facilement faire élire plus de 100 députés sur 125.

On pourrait même songer à ouvrir le livre des records de la domination politique. Pour les nostalgiques on n’est pas loin de Duplessis 1948 et Bourassa 1973.

La vraie course est dans le dos, parmi l’opposition, qui divise la voix de l’opposition du gouvernement.

Qui peut rouler ?

Et si je vous disais que le PCQ d’Éric Duhaime pourrait terminer deuxième et former l’opposition officielle?

Vous riez déjà ?

C’est loin d’être le cas aujourd’hui, soyons-en conscients.

Mais le dernier sondage Léger annonce des mouvements qui ne sont pas encore perceptibles.

D’abord, le vote du PCQ semble solide.

71% des électeurs déclarent que leur choix est définitif. Plus que tout autre parti.

L’opposition est sur des plaques tectoniques : plus de la moitié du PQ et de la solidarité peut encore changer d’avis d’ici l’élection.

Pour QS, ces chiffres devraient être troublants. Tout conduirait à croire à la montée du parti de gauche dans les sondages.

Leurs idées sont soutenues dans les médias, leur médiatisation est positive, ils mènent des campagnes sur de vrais enjeux, GND est évalué…

Cependant, QS stagne à plus ou moins 15%. En dix ans, leur valeur moyenne dans les enquêtes a augmenté de 5 % au maximum.

Les libéraux sont menacés de créer un parti dédié uniquement aux anglophones.

Conjugué à un score historiquement bas parmi ses derniers (46%), le bateau libéral coule. Anglade n’a d’autre choix que de sortir les canots de sauvetage et de sauver ses derniers partisans. Le vote de Franco est déjà dans l’eau, sacrifié.

Ce qui nous amène à cette conclusion : le seul parti en croissance est le PCQ.

Et il peut profiter des élections sous l’égide des soins de santé.

Il existe des différences entre les positions de CAQ, PLQ, PQ et QS en santé, mais elles ne sont pas grandes. Peu d’électeurs ont pu les identifier.

Que ce soit pour le COVID ou l’universalité des soins, Eric Duheim est celui qui incarne le décalage. Et cela peut l’aider.

Un autre facteur pourrait lui profiter : Pierre Poalievre.

Duheim et Poaliever sont des alter ego. On assiste à une convergence de vues sur leurs idées, comme l’écrivait cette semaine le National Post. On pourrait ajouter cela rencontrant l’esprit de leurs méthodes dans leur manière tribale et scandaleuse de pratiquer la politique.

Pierre Poalievre, chef du Parti conservateur du Canada, pourrait légitimer la présence d’Eric Duheim dans la politique québécoise.

L’archipel

Les Québécois détermineront bientôt un adversaire en CAQ.

Les oppositions se répartissent en différents archipels : QS à Montréal, PLQ à l’ouest de Montréal, PCQ à Québec et PQ au Bas-Saint-Laurent.

On ne sait jamais comment évolue l’opinion publique.

Mais une certitude demeure : les Québécois doivent prendre au sérieux l’hypothèse de Duheim.

Les partis d’opposition encore plus.

À la question « Votre choix est-il définitif au niveau provincial ou est-il possible de changer d’avis ? 71% des électeurs du Parti conservateur du Québec disent que leur élection est définitive.

Source : étude Léger (21 avril 2022)