France

Fabien Roussel fait chier tous les Nupes à la fête de Huma

Le chef du Parti communiste a estimé que les allocations “permettent de nourrir le chômage”, au grand dam du syndicat de gauche. Le rythme interpelle ses alliés à l’Assemblée nationale, en plein projet de loi de réforme de l’assurance-chômage.

Unanimité contre lui. La Nupes n’a guère savouré la sortie de Fabien Roussel ce samedi au Festival de l’Humanité, qui a irrité au-delà la France récalcitrante, avec qui les relations restent très tendues.

“Dans ma France, il n’y a plus de chômage, plus d’allocations chômage, plus de RSA, plus de revenu de remplacement qui permette d’alimenter le chômage”, a déclaré samedi le chef du Parti communiste.

“Ça ne veut rien dire” à Mélenchon

La veille, l’ancien candidat à la présidentielle avait déjà fait des déclarations similaires à des journalistes, jugeant que “la gauche (devrait) protéger le travail, pas être la gauche des allocations et des minima sociaux”.

Sur les bancs des insoumis, ces sorties passent mal.

Interrogé par les journalistes de l’Humanité sur son grand retour dans ce rendez-vous de la gauche, après 6 ans d’absence, Jean-Luc Mélenchon n’a pas hésité à le dire.

“Les cotisations sociales ne sont pas un service, c’est votre propre rémunération. Dire que le système est généreux ne veut rien dire”, a grondé le patron de la France insoumise.

Dans son programme présidentiel, Jean-Luc Mélenchon a proposé une garantie d’emploi versée en Smic par l’Etat dans les secteurs de la transition écologique ou sociale pour tout chômeur de longue durée volontaire.

“Ce n’est pas le combat de la gauche”, assure Ruffin

François Ruffin, qui a lui-même critiqué la stratégie de son groupe politique, l’accusant de se concentrer sur les banlieues au détriment de la campagne, a également pris ses distances avec les communistes.

“Associer ‘la France qui travaille’ à ‘la France des allocations’ n’est pas le combat de la gauche, ce ne sont pas mes mots. Les soutenus sont en haut, bourrés de milliards par Macron : c’est notre travail politique quotidien, plutôt que d’unir le bas contre le haut”, a réagi l’ancien journaliste de Fakir sur son compte Twitter.

“Fabien, occupe-toi des retraités”, a lancé Karima Deli

Si les insoumis restent amers plus de 4 mois après le premier tour de la présidentielle, voyant en Fabien Roussel et son résultat de 2,3% celui qui empêcherait Jean-Luc Mélenchon d’accéder au second tour, le reste des Nupes n’est plus tendre.

“Fabien, occupe-toi des retraités, de ceux qui se sont enrichis en dormant, et s’il te plaît, arrête de frapper ceux qui essaient de s’en tirer comme ça”, a dénoncé Karima Deli, députée européenne pour l’environnement, évoquant le cas de ses parents sur Twitter. Compte.

Sandrine Russo a également exprimé son franc désaccord sur le réseau social, souhaitant avec humour “longue vie des allocations, des droits sociaux fondamentaux”.

La réforme de l’assurance-chômage est engagée par le gouvernement

Si de la part des socialistes les réactions ont été discrètes, on évalue les propos du communiste comme très mal choisis.

“On peut discuter de beaucoup de choses, et peut-être que les allocations chômage sont inégalement réparties. On peut en parler, mais on ne peut pas opposer solidarité nationale et travail”, analyse un député socialiste à BFMTV.com.

Le rythme est encore pire après que le gouvernement a présenté mercredi la réforme de l’assurance-chômage en Conseil des ministres. L’objectif est de modifier les conditions d’indemnisation du chômage en fonction de la situation économique. Présent au Festival de l’Humanité, Gabriel Attal a lui aussi “accepté” les propos de Fabien Roussel.