France

Face au « chantage » de Moscou, les Vingt-Sept acceptent de réduire de 15 % la consommation de gaz

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le 20 juillet 2022 à Bruxelles. JOHN THEIS/AFP

Restons unis face à Vladimir Poutine. Ne lui donnez pas la satisfaction d’avoir l’air divisé pendant que Moscou joue sur ses nerfs, ouvrant et fermant tour à tour le robinet de gaz. Mardi 26 juillet, les Vingt-Sept ont réussi à se maintenir à flot alors que leurs ministres de l’énergie se réunissaient à Bruxelles pour discuter du sujet hautement incendiaire de la sécurité énergétique. Mieux encore, ils ont réussi à s’entendre pour réduire de manière coordonnée la consommation de gaz afin de remplir au maximum leurs réserves et mieux préparer l’hiver sans hydrocarbures russes.

Cet accord prévoit un double mécanisme de déclenchement. Tout d’abord, entre le 1er août et le 31 mars 2023, chaque État membre doit tout mettre en œuvre pour réduire sa consommation de gaz d’au moins 15 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années durant la même période. Deuxièmement, en cas de grave pénurie, l’état d’alerte pourra être déclenché par une décision des États membres (à la majorité qualifiée) et cet objectif deviendra contraignant, de sorte qu’un mécanisme de solidarité entre les Vingt-sept pourra être déclenché .

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Les Européens se préparent à un hiver sans gaz russe

Voilà pour le cadre général, qui correspond peu ou prou à celui dressé par la Commission le 20 juillet dernier lorsqu’elle a présenté son plan de bataille pour un hiver sans gaz russe. Du reste, les Vingt-Sept ont largement modifié et quelque peu affaibli le projet bruxellois en multipliant les dérogations.

Les approvisionnements russes ont déjà diminué

En un temps record, moins d’une semaine, “l’Union européenne [UE] a franchi une étape décisive face à la menace d’une coupure totale du gaz par Poutine”, s’est pourtant félicitée mardi la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. En effet, cet accord, aussi imparfait soit-il, pose les bases d’une action coordonnée des Vingt-sept dans un domaine – l’énergie – qui relève strictement de la souveraineté nationale et que les Etats membres gardent jalousement.

A sa manière, Gazprom les a aidés à trouver un accord en annonçant lundi qu’il couperait ses approvisionnements en gazoduc Nord Stream à partir de mercredi. Après dix jours de maintenance, il a repris un service réduit le 21 juillet. “Gazprom augmente ses approvisionnements un jour, les diminue le lendemain. De cette façon, Moscou essaie de nous diviser, il n’y arrivera pas”, a commenté Claude Turmes, ministre de l’Energie du Luxembourg.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Coupure de l’approvisionnement en gaz russe : l’Ouest et Moscou se renvoient la balle

Malgré ces chocs dignes d’un supplice chinois, la tendance est clairement à la baisse. Depuis le 24 février et l’invasion de l’Ukraine, la Russie n’a cessé de couper l’approvisionnement en gaz des Vingt-sept, alimentant au passage une envolée des prix, lui permettant de continuer à financer sa guerre tout en distribuant des rations aux alliés européens de Kiev : ils représentent aujourd’hui – moins du tiers de ce qu’ils étaient alors. La Pologne, la Bulgarie, la Finlande, les Pays-Bas et le Danemark en sont déjà privés, tandis que les approvisionnements vers la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, la République tchèque et la Slovaquie sont considérablement réduits.

Il vous reste 55,53% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.