France

Faits divers. Coup de filet dans la mouvance de l’ultra-droite alsacienne

Quatre heures du matin près de la Grand’Rue à Sierentz  : un rassemblement de gendarmes sur un parking intrigue quelques riverains. Des militaires encagoulés et lourdement armés se préparent à une intervention. À six heures tapantes, ils passent à l’action rue du Maréchal Foch. Ils pénètrent dans trois petites maisons jumelées de cette rue habituellement tranquille. Il s’agissait d’un des nombreux objectifs visés dans le cadre de cette opération, menée en lien avec le parquet national antiterroriste

Des opérations qui se sont déroulées toute la journée

Des visites « domiciliaires administratives », voilà le terme exact pour désigner cette opération, autorisée par un juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal judiciaire de Paris. Il ne s’agit pas d’une enquête judiciaire à proprement parler, mais d’une prérogative administrative que le JLD peut accorder aux services spécialisés de la préfecture. « C’est une opération purement administrative », confirme une source proche de l’enquête.

L’opération a été conduite simultanément dans plusieurs lieux en Alsace. Elle a mobilisé pas moins de 200 gendarmes issus des différentes unités et pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG), la section de recherches de Strasbourg, appuyés par le GIGN, assistés également par les brigades cynophiles avec des chiens spécialisés dans la recherche et détection d’armes à feu.

Comme a pu encore le confirmer la préfecture du Haut-Rhin, « ces vérifications portaient sur l’acquisition et la détention illégale d’armes par des individus en lien avec la mouvance de l’ultra-droite ». Les opérations ont duré une grande partie de la journée. À Sierentz, en début d’après-midi, les enquêteurs et les militaires chargés d’assurer la sécurité étaient toujours sur place dans le cadre de ces visites domiciliaires.

Aucune information n’a fuité quant à d’éventuelles saisies d’armes. Toujours selon cette source proche de l’enquête, si des armes sont trouvées, « toutes les options sont ouvertes : saisine d’un juge d’instruction, poursuites directes ou dessaisissement au profit de la section antiterroriste du parquet national de Paris. »