France

faut-il s’inquiéter après la découverte du premier cas d’enfant en France ?

Samedi, l’ARS Île-de-France révélait que le premier enfant atteint de la maladie avait été identifié. Au sein de l’école que fréquente le jeune patient, les parents des élèves sont informés afin d’éviter une pollution en cascade.

Un communiqué diffusé samedi par l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile de France a donné une nouvelle perspective à l’épidémie de monkeypox, qui se propage en France et en Europe depuis début mai.

“L’Agence régionale de santé d’Ile de France a signalé le premier cas confirmé de monkeypox (monkeypox) chez un enfant scolarisé dans le primaire de la région. Il a été traité et ne présente aucun signe de gravité”, précisent le communiqué et les réseaux sociaux.

La première femme est également infectée

Alors que les premiers cas et foyers de contamination en Europe liés à la maladie laissaient penser à une infection touchant la communauté homosexuelle, la découverte en France d’un premier cas chez un enfant a montré que le monkeypox pouvait en réalité toucher toutes les couches de la population.

“La semaine dernière en France il y a eu la première déclaration pour une femme, alors que la maladie a jusqu’à présent touché exclusivement des hommes entre 30 et 40 ans. Sans surprise, nous voyons des émissions secondaires. Les enfants sont une cible, comme ce fut le cas avec le Covid-19 auparavant”, a déclaré dimanche à BFMTV l’infectiologue Benjamin Davido, l’un des spécialistes français des maladies.

Le monkeypox est une zoonose, c’est-à-dire qu’il se transmet généralement des animaux aux humains. Le cousin de la variole était généralement confiné au continent africain, en particulier autour du bassin du Congo, et résultait d’un contact avec un animal infecté, comme un rat gabonais ou un singe. Mais depuis début mai, des centaines de cas ont été recensés en Europe. Rien qu’en France, selon le dernier bilan de Santé publique France, 330 personnes ont été contaminées par la maladie.

“Moins contagieux” que la grippe ou le Covid-19

L’ouverture d’un étui chez un enfant laisse-t-elle présager une augmentation de la pollution ? Pour le professeur Benjamin Davido, rien ne sert de sauter aux conclusions, d’autant que la maladie n’est pas particulièrement contagieuse.

“Cette maladie n’est pas considérée comme très contagieuse. Selon la littérature, on estime qu’il existe un R nul (le nombre de personnes que le patient infecte, ndlr) autour de 1. Il est donc deux fois moins contagieux que la grippe, et beaucoup moins contagieux que le Covid-19. Il y a une transmission goutte à goutte comme la grippe, ainsi qu’une transmission par contact rapproché, qui peut être un contact cutané, par exemple au sein de la famille », précise le spécialiste.

L’enjeu est désormais d’identifier les différentes personnes qui ont pu entrer en contact avec l’enfant malade, notamment dans son école, afin de bloquer la chaîne de contamination.

Dans son communiqué, l’ARS Île-de-France précise qu’« elle a immédiatement lancé des investigations pour retrouver au plus vite la chaîne de contact de l’enfant. Un cas probable a été identifié parmi la même fratrie. message envoyé aux parents d’enfants à risque dans l’école fréquentée par l’enfant ».

Maladie plus grave chez les enfants

Pourtant, infecter un premier enfant en France n’est pas anodin. Car, comme le précise Santé publique France, “la maladie est plus grave chez les enfants et les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Elle peut se compliquer de surinfection de lésions cutanées ou d’atteintes respiratoires, digestives, ophtalmiques ou neurologiques.”

“On voit bien que l’enjeu de la transmission chez l’enfant sera de bloquer les chaînes de la pollution, de faire en sorte qu’il n’y ait pas de réservoir chez l’enfant et que l’épidémie commence”, a déclaré Benjamin Davido.

La majorité des cas en France, comme en Europe, concernent encore les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. “Jusqu’à présent, comme dans d’autres pays européens, ces cas sont survenus principalement, mais pas exclusivement, chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes sans lien direct avec des personnes revenant de zones d’endémie. La majorité des cas rapportent des partenaires sexuels multiples », précise Santé publique France.

Le monkeypox se manifeste notamment par d’impressionnantes éruptions cutanées responsables de pustules qui disparaissent avec le temps. Aucun décès lié à la maladie n’a été signalé en France à ce jour. Et il existe déjà un remède : il s’agit du vaccin antivariolique, efficace contre le monkeypox en raison de la proximité des deux maladies.