« Y a-t-il des gens qui aiment le pays ici ? Instantanément salués, ces mots ont été prononcés sur scène par le chanteur Matt Lang samedi après-midi au parc Jean-Drapeau. On ne saurait mieux décrire l’engouement du Montréal métropolitain pour son premier festival 100 % country, Lasso.
Posté hier à 7h00.
William Thériault Collaboration spéciale
Au total, vendredi et samedi, 35 000 festivaliers sont venus voir les performances d’une trentaine d’artistes country québécois, canadiens et américains. Des chapeaux de cow-boy, des jeans et des chemises à carreaux à perte de vue… il y avait peu de terres des États du sud de Montréal.
PHOTO PAR SARAH MONGEOT-BIRKET, LA PRESSE
La foule lors de la première journée du Festival du Lasso, samedi, au parc Jean-Drapeau.
Pour le vice-président de la programmation d’Evenko, Nick Farkas, qui dirige également Osheaga et îleSoniq, cette première version de Lasso est un pas dans la bonne direction. Il est particulièrement heureux que les visiteurs aient pu profiter de la musique collectivement, en « grand groupe ».
“J’ai souvent entendu des gens dire pendant le week-end : bonne humeur, beaucoup de communauté”, a-t-il décrit samedi à La Presse. On sent vraiment qu’il y a un esprit communautaire provincial. »
PHOTO CATHERINE LEFEVRE, COLLABORATION SPÉCIALE
Le public a profité de l’ambiance festive pour se mettre à danser.
La foule, composée à 80 % de Québécois et à 20 % de touristes, selon les estimations de l’organisme, était assez hétéroclite. Les festivals sont généralement fréquentés principalement par des jeunes dans la vingtaine. C’était le cas au Lasso, mais les quadragénaires et quinquagénaires n’ont pas hésité à pointer le bout de leur nez – et à entamer quelques séances de danse.
C’est la foule la plus polie que j’aie jamais vue de ma vie. Tout le monde est souriant, plein de respect. C’est vraiment amusant.
Nick Farkas, vice-président de la programmation chez evenko
L’équipe de Lasso a également mis l’accent sur l’aspect familial : les enfants de moins de 10 ans pouvaient entrer gratuitement, et près des restaurants, un espace était dédié à leurs centres d’intérêt.
Des festivaliers qui n’ont pas manqué
Luke Bryan a été chaleureusement accueilli à la clôture du festival samedi soir. La star de la musique country s’est livrée sur scène avec intensité. Mi-sourire, mi-concentré, il était plus excitant au début de sa performance – mais s’est progressivement animé en enchaînant notamment Sunrise, Sunburn, Sunset ou encore Hunting, Fishin’ and Lovin’ Every Day.
PHOTO CATHERINE LEFEVRE, COLLABORATION SPÉCIALE
Luc Bryan
Connu depuis 2010, il a utilisé sa banque de classiques pour plaire à Montréal. Le chanteur de 46 ans s’est même permis de boire beaucoup d’alcool en interprétant son dernier morceau One Margarita.
Kelsey Ballerini est arrivée forte et confiante samedi soir lors de l’avant-dernière fente. Armée d’une solide voix teintée de pop, l’Américaine de 28 ans a rendu hommage à son Tennessee natal avec la moitié de sa ville natale, habitant la scène avec conviction et déclarant son amour pour la métropole. “C’est la première fois que je viens à Montréal”, s’est-elle exclamée aux festivaliers. J’adorerais déménager ici si tu m’emmenais ! »
PHOTO CATHERINE LEFEVRE, COLLABORATION SPÉCIALE
Kelsey Ballerini
Le duo ontarien The Reklaws, composé de Stuart Walker et de sa sœur Jenna, s’est particulièrement démarqué par leur interaction avec la foule tôt samedi soir. Un jeune homme portant l’uniforme de Nick Suzuki des Canadiens de Montréal a même été invité à prendre une photo avec le groupe et… Suzuki lui-même.
PHOTO CATHERINE LEFEVRE, COLLABORATION SPÉCIALE
Le duo ontarien The Reklaws
Le Québécois Matt Lang, conférencier du festival, a lancé la deuxième journée avec une demi-heure énergique sur la scène Lasso. Il a interagi avec les visiteurs à plusieurs reprises.
Il est important pour nous de respecter l’histoire du pays au Québec. On sait à quel point c’était important dans la région.
Nick Farkas, vice-président de la programmation chez evenko
« Le Québec est un marché qui n’a pas vraiment été desservi par les grands artistes de Nashville, note Nick Farkas, mais il a quand même sa propre communauté qui existe à Saint-Titus depuis 30-40 ans. »
Plus détendu, Riley Green a enflammé la foule avec I Wish Grandpas Never Died et les a fait danser avec une interprétation de There Was This Girl, sa chanson la plus célèbre. Le natif de l’Alabama a également marqué des points en enfilant un maillot des Expos à la fin du numéro.
Dierks Bentley, qui a commencé sa carrière il y a une vingtaine d’années, a été présenté comme tête d’affiche vendredi. Interprétant certaines de ses chansons les plus populaires, telles que What Was I Thinking ou Burning Man, l’Américain s’est surtout appuyé sur des collaborations : Tenille Townes et Ashley McBride, qui ont joué plus tôt, sont chacune apparues.
PHOTO PAR SARAH MONGEOT-BIRKET, LA PRESSE
Ancienne propriété
Cependant, Old Dominion a volé la vedette vendredi. Avec une complicité plus que palpable, le groupe basé à Nashville a prouvé sur scène pourquoi il a remporté de nombreux prix. Avec Matthew Ramsey et ses quatre partenaires, la foule a entonné de belles chansons comme Make It Sweet, Written In The Sand ou encore One Man Band. Elle a aussi visiblement apprécié des titres plus légers comme Hotel Keys, Snapback ou encore I Was On a Boat That Day.
Le premier après-midi, les festivaliers ont eu droit à un mélange de styles musicaux, gracieuseté de Blanco Brown. Mêlant efficacement country et hip-hop, le natif de New York a créé un son unique : son titre The Git Up en est le meilleur exemple. Et n’oublions pas qu’il a présenté des roses au public au son de I Need Love.
Une grande partie des représentations s’est déroulée sur l’une des deux scènes principales situées côte à côte. Mais un peu plus loin, la scène la plus intime du Ranch offrait de belles découvertes. L’Américaine Alexandra Kay était la seule à surveiller. À noter que les Québécoises Sarah Dufour et Léa Jarry y ont également joué.
Une rencontre tant attendue
La première édition du Lasso Festival est en préparation depuis 2019. Elle devait initialement avoir lieu en 2020 avant d’être reportée deux fois. Old Dominion, deuxième tête d’affiche de vendredi, avait déjà accepté d’y jouer il y a trois ans.
On s’est dit : « Est-ce qu’on va finir par avoir notre festival ? » C’était tellement important pour notre équipe, donc on est super excités. C’était difficile de motiver l’équipe, les supporters aussi.
Nick Farkas, vice-président de la programmation chez evenko
Le sentiment de satisfaction du vice-président a été renforcé par les commentaires “extrêmement positifs” des artistes invités.
Et maintenant, quelle est la prochaine étape ? “La première année d’un festival est un investissement”, souligne-t-il. Dans trois ou quatre ans, on aimerait avoir 25 000 à 30 000 personnes sur le site par jour. »
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