Un jugement de la Cour suprême vient de faire de la fiscalité municipale un ennemi du développement économique du Québec. Les villes avides de nouveaux revenus ont obtenu le droit d’imposer une taxe foncière sur un certain nombre d’installations technologiques stratégiques. Nous pouvons à peine mesurer l’ampleur des conséquences négatives. Dans quelle mesure les évaluateurs municipaux pourront-ils inclure des équipements dans le bâtiment selon les nouvelles décisions de justice? Voici une liste d’exemples de ce qui peut être taxé à partir de maintenant :
√ serveurs, refroidisseurs et générateurs de centre de données ;
√ laboratoires ;
√ équipement radiologique ;
√ équipement de technologie sans fil ;
√ robotique et systèmes d’automatisation, par exemple dans les entrepôts.
Bref, c’est toute la colonne vertébrale technologique de notre économie qui est en jeu. Ceux qui y auront investi massivement seront sanctionnés.
Pour François Lego
Le gouvernement Legault verra peut-être dans cette décision de la Cour suprême une solution à l’un de ses problèmes. Les villes sont à la recherche de nouvelles sources de revenus. Les maires ont exprimé leur impatience lors du dernier congrès de l’UMQ. Voici un gain inattendu qui peut les calmer.
Ce serait une grave erreur de le penser. François Lego et Pierre Fitzgibbon, en revanche, devraient être extrêmement inquiets de ce verdict. Leur gouvernement ferait bien de se mettre sur la planche à dessin pour réécrire la Loi sur la conformité en matière de taxes municipales afin d’éviter cette déviation malheureuse.
Si François Lego veut maintenir le cap du Québec pour rattraper l’Ontario en termes de croissance économique, punir les investissements technologiques est la pire chose que nous puissions faire. Le Québec accuse déjà un retard en matière d’investissement des entreprises privées, notamment en technologie.
Gaffe
Surchargé d’infrastructures technologiques, le Québec se tire une balle dans la tête dans au moins trois de ses grands défis économiques.
1. Pénurie de main-d’œuvre. Face à une pénurie de main-d’œuvre, l’investissement dans la robotique, l’automatisation et l’intelligence artificielle est essentiel. Ainsi, nos entreprises pourront rester compétitives et augmenter les salaires.
2. Productivité. C’est un problème majeur que le Québec perpétue depuis longtemps, ce qui explique d’autres problèmes économiques, comme notre faible niveau de vie. Vous ne pouvez pas augmenter la productivité en 2022 sans un énorme investissement dans la technologie.
3. Inflation. Cette taxe touchera les entrepôts alimentaires et commerciaux, qui sont et seront de plus en plus automatisés. La facture sera remise à l’utilisateur. Même chose avec la téléphonie sans fil ou le secteur de la santé. Une nouvelle source d’inflation.
Les milieux économiques comprennent le caractère contre-productif de cette nouvelle fiscalité et appellent à juste titre à l’aide. De plus, les élus municipaux qui tenaient à jouer l’avant-garde verte du dernier congrès de l’UMQ doivent aussi bien réfléchir avant de se plonger goulûment dans ce nouveau plat de bonbons.
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