Il faut faire la distinction entre les revendications d’immigration du gouvernement Legault et la rhétorique utilisée.
La restauration des pouvoirs en matière d’immigration est une chose légitime pour le gouvernement du Québec.
Et surtout, bienvenue dans le contexte canadien, où les demandes spécifiques du Québec ont non seulement été ignorées mais contrecarrées.
Nous ne nous plaindrons pas.
On peut dire cela en confirmant que le scénario apocalyptique de la “survie de la nation” et de la “louisianisation du Québec”, comme l’a dit et répété François Lego, est faux.
Incapacité
Ce discours de la CAQ reflète la résignation et l’impuissance.
Lorsque François Lego confond la survie de la nation québécoise avec le rapatriement des forces de l’immigration, il germe dans les esprits, peut-être sans le savoir, que les immigrants rejettent instinctivement les Français et la nation québécoise.
Ainsi, M. Lego estime que nos propres lois ne suffisent pas à franchiser les immigrants.
C’est un aveu d’échec.
Il doit le dire, si c’est le cas. Et agir en dehors de la manœuvre politique.
Comment peut-il sérieusement craindre la « survie » de la nation au Québec tout en refusant d’appliquer la loi 101 au cégep, qu’il qualifie ironiquement de dernier recours ?
Appelez cela de l’extrémisme à deux vitesses.
Canada français
François Lego symbolise le retour du nationalisme franco-canadien.
« Le nationalisme au Canada », pour reprendre le catéchisme, dévotement répété jeudi par les députés caquistes.
Un nationalisme qui n’ose pas remettre en cause le régime.
Cette mentalité de survie est une impasse politique.
D’autres l’ont expérimenté dans le passé.
Une partie de l’avenir du Québec dépend de l’immigration et de son intégration au français.
Une question de mathématiques et de poids démographique.
On peut être nationaliste, être fier du Québec, de sa singularité et de sa multitude, garder le Québec d’abord, tout en rejetant cette rhétorique étouffante défendue par la CAQ cette semaine.
Parce que, finalement, cela n’aide ni l’intégration, ni le Québec, ni le climat social.
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