France

François Paradis : homard… avec beau monsieur !

Le président de l’Assemblée nationale et député de Lewis François Paradis quittera la vie politique avec la certitude que l’élan de transparence qu’il a imposé à l’institution est irréversible.

Son prédécesseur libéral, Jacques Chanois, régnait au parlement. Il a été nourri par une carapace de homard et a édité des réponses aux demandes d’informations légitimes des médias.

François Paradis, ancien animateur d’une émission téléphonique en défense du monde ordinaire, a apporté des pratiques économiques stables et plus de lumière à l’Assemblée après son élection à la présidence après les élections de 2018.

Cependant, usant de la même discrétion qui lui permettait d’échapper à la loi sur l’accès à l’information, il a accepté de divulguer toutes ses dépenses à la demande du Journal après un an de mandat.

Le président a fourni ses factures, du nettoyeur aux frais de transport en passant par la nourriture.

Je me souviens de la réaction de notre équipe d’enquête en octobre 2019 face à l’addition pour “pas monsieur” consommée par le président lors d’un voyage.

Tout un contraste avec celui qui a “payé la traite” des élus qui l’accompagnaient en mission parlementaire à travers le monde.

Et le suivant ?

Le 3 juin, le président Paradis a annoncé qu’il ne se présenterait pas aux prochaines élections.

Alors, quelques mois après la fin de son mandat, il fallait se poser la question : qu’est-ce qui empêcherait un futur président de l’Assemblée nationale de devenir un adepte du secret et du gaspillage ?

“Les règles de transparence sont officielles, elles ont été approuvées”, a insisté François Paradis dans un long entretien dans son cabinet.

“Chaque président, quel qu’il soit, est obligé de continuer dans cette voie. Nous ne pouvions pas revenir en arrière et tomber dans l’opacité. »

En regardant les dernières fiches de coût de mission publiées, on constate que le président a voyagé en classe économique pour se rendre à Paris en début d’année.

Il en sera de même lorsqu’il se rendra prochainement à l’Assemblée des parlementaires de la francophonie à Kigali, au Rwanda.

Le président Paradis a mis fin aux abus, ouvert les livres, en plus de lancer un virage numérique forcé par la pandémie et des mesures pour concilier travail et famille au Parlement.

Pas de regrets?

Il a quitté la politique sans goûter au poste de ministre, qui était considéré comme lui étant destiné après son premier mandat dans l’opposition. Êtes-vous désolé? Non, dit-il, malgré quelques hésitations.

L’élu explique avoir choisi le poste de président parmi les différents rôles qu’il a occupés après la victoire de la CAQ, car il y voyait une continuation de ce qu’il aspirait à accomplir dans sa carrière médiatique.

“Être collé au peuple, donner de l’espace au peuple, améliorer l’institution, être plus efficace, plus humain”, a-t-il déclaré.

“J’ai ressenti les reproches, les inquiétudes de la société, je les ai entendus. Que font-ils avec notre argent ? Comment le dépensent-ils ? Les inquiétudes ont miné la confiance des gens dans la machine de la classe politique. »

Il y a maintenant une grande quantité d’informations. Pas seulement pour la présidence.

Il y a une divulgation des coûts du Cabinet, les bureaux de district.

Et forcément, la transparence exige plus de rigueur dans la gestion des deniers publics.

“Je suis fier d’être là”, a répété François Paradis pour nous assurer que “ne vous souciez pas du reste”.

Nous voulons croire.

Mais nous vous demandons, Monsieur le Président, de laisser la lumière s’allumer en partant !

en masse

La citation de la semaine

Capture d’écran, TVA Nouvelles

“Pensez grand”, comme disait un héros d’un film bien connu au Québec. Alors, nous, on « voit grand » à notre Capitale-Nationale. »

– Geneviève Gilbo, vice-première ministre, qui n’a pas peur de citer Elvis Gratton

Le petit Simar au parlement

Agence photo QMI, Pascal Huot

René Simar a été fait chevalier de l’Ordre national du Québec mercredi. Lui rendant hommage, François Lego a rappelé la célèbre publicité et chanté : « Qu’est-ce qui fait chanter le petit Simardi ? L’éternel favori du public s’est amusé : « Je n’aurais jamais pensé que le Premier ministre chanterait Les petits pudings ! »