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Hausse des taux préférentiels : nouveau coup dur pour le portefeuille

Les versements hypothécaires des Québécois augmenteront en raison d’une cinquième hausse consécutive du taux préférentiel. Et ils ne sont pas au bout de leur peine, car c’est loin d’être la dernière.

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Ce bond de 0,25 % à 3,25 % en quelques mois fera augmenter autant le coût des hypothèques que celui des prêts automobiles, des cartes de crédit et des marges de crédit, a souligné hier la Banque du Canada (BdC).

Mais combien exactement ? Le Journal a demandé hier à de nombreux experts de faire le calcul.

“Ça devient de plus en plus réel dans la poche des emprunteurs”, a d’abord voulu dire Philippe Simard, directeur hypothécaire Québec chez Ratehub.ca, une boîte qui a débarqué au Québec en 2015 et qui gère ici 600 millions de dollars d’hypothèques.

Le courtier de longue date donne l’exemple d’une hypothèque de 350 000 $ avec 1 % d’acompte sur un taux variable. En janvier et février derniers, le montant du paiement mensuel était de 1 390 $.

Avec cinq hausses consécutives de la BoC, le taux le plus bas actuellement proposé par Ratehub est de 4,25 %. Pour le même prêt hypothécaire et avec le même rabais, on parle maintenant d’un versement de 1 927 $, soit une augmentation de 537 $, soit 39 %.

« C’est exactement la raison d’être de la Banque du Canada. Ils veulent que les gens arrêtent de consommer. Avec un tel trou dans le budget, il y aura certainement un impact », dit-il.

On retrouve à peu près les mêmes augmentations de paiements lorsqu’on consulte un autre expert, le syndic Pierre Fortin, président de Jean Fortin & Associés.

peu effrayant

Pour une hypothèque de 500 000 $, les chiffres sont encore plus effrayants. On passe d’une mensualité de 2 120 $ en début d’année à 3 100 $ aujourd’hui, soit une différence de 980 $ par mois.

Photo tirée de LinkedIn

Pierre-Antoine Harvey, chercheur à l’IRIS

Avant la pandémie, il était assez rare de voir un prêt hypothécaire de 500 000 $, mais depuis, ce montant n’est plus exceptionnel.

Au cours des 24 derniers mois, plus de la moitié des premiers acheteurs ont opté pour un taux variable, selon la SCHL.

S’ils étaient nettement inférieurs au forfait, ce n’est plus le cas.

« Il est clair que de nombreux propriétaires devront se serrer la ceinture pour faire face à l’augmentation de près de 1 000 $ par mois de mars dernier », admet le chef d’entreprise.

Quand est-ce que ça s’arrête ?

Et ce n’est pas fini, car le taux directeur “devra encore augmenter”, a indiqué hier la BdC.

L’inflation est toujours au plus haut depuis 40 ans. Il était de 7,6 % en juillet, en légère baisse par rapport à 8,1 % en juin.

«Il reste encore beaucoup de chemin à faire pour revenir à une inflation stable de 2%, qui est la cible de la BdC», a déclaré hier Hendricks Vachon, économiste principal au Mouvement Desjardins.

Pour lui, la hausse de 75 points de base annoncée hier est “énorme” car “on voit habituellement des augmentations de 25 points”.

Dans le contexte d’inflation, toutefois, “c’est un taux très fort, mais cela reste justifié”.

Patience, dit IRIS

Autre histoire avec Pierre-Antoine Harvey, économiste et chercheur associé à l’IRIS.

“Une des solutions est la patience. Une grande partie de l’inflation est due au prix de l’énergie, qui baisse lentement », explique-t-il.

Car si la BdC veut limiter l’inflation, elle le fait au détriment des plus pauvres, rappelle depuis longtemps IRIS.

“Ce qui est inquiétant, c’est que personne à la banque centrale ne se demande si les bénéfices historiquement élevés des entreprises peuvent jouer un rôle”, poursuit l’économiste.

Une chose est sûre à son sujet : comme les compagnies pétrolières, les banques sont promptes à augmenter les prix, mais plutôt lentes à les ajuster à la baisse le moment venu.

Exemples de prêts hypothécaires

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