L’élu socialiste et deuxième adjoint au maire des Mureaux (Yvelines) Boris Venon a annoncé sa démission du conseil municipal à l’issue de la séance du mercredi 28 septembre. La raison ? De nombreuses insultes et menaces reçues ces derniers mois.
L’élu de 38 ans s’est exprimé en fin de séance, s’excusant de son intervention tardive. “J’ai un message personnel à faire passer avec des choses intimes parfois pas faciles à dire”, a-t-il annoncé au micro, avant de rappeler son “attachement” aux Mureaux et ce “coup de coeur pour la ville, un bel exemple de cohabitation”. “. l’amenant à s’y installer il y a 14 ans. C’était avant les “onze agressions” que le sélectionneur dit avoir subies au cours des deux dernières années.
La dernière en date date d’il y a quelques semaines, en plein centre-ville, après une bagarre banale entre automobilistes. Ce jour-là, Boris Venon était en voiture avec son compagnon. Quelques minutes plus tard, il a été tenu pour responsable de son orientation sexuelle et de la couleur de sa peau. “Oui, les citoyens d’origine européenne peuvent être la cible de racisme. Et un homme dont toute la carrière politique a été à gauche vous le dit”, a-t-il ajouté mercredi soir.
“Blanc quitte ma ville, nous voilà chez nous”
L’élu socialiste des Mureaux, B. Venon quitte la ville et le conseil municipal après avoir été agressé, insulté et menacé.
Combien de Français sont dans la même situation ? Oui, il y a du racisme anti-blanc. Ouvrons les yeux ! pic.twitter.com/JyEVrUJKab
– Éric Ciotti (@ECiotti) 1er octobre 2022
Boris Venon dit avoir assisté à une « désagrégation du lien social » depuis deux ans. Il a décrit plusieurs épisodes “violents” vécus par lui et sa famille ces derniers mois, marqués par “des violences verbales, des menaces physiques pouvant aller jusqu’aux menaces de mort, des insultes homophobes et racistes”.
« Je me suis vu réprimandé pour être comme je suis », a-t-il ajouté, disant qu’on lui avait surtout dit « Blancs, sortez de ma ville, nous sommes ici chez nous ! et physiquement ramené à la maison.
“La dérive d’une minorité ne peut pas détruire toutes les autres”, assure le maire
A l’issue de votre témoignage de plusieurs minutes (et dont des extraits, diffusés sur Twitter, sont généralement coupés à certains moments), Boris Venon a indiqué qu’il s’apprêtait à “reprendre ses fonctions” après un mandat de huit ans aux Mureaux. . “Je laisse la place aux autres. Je repars avec un bilan que je considère plutôt positif. Plus précisément, j’ai travaillé à l’obtention du label Internet City, à la mise en place du permis de location, ou encore à la définition du programme Action Cœur de Ville », raconte-t-il au site Actu.fr.
Ce samedi, Dienaba Diop, adjoint au maire chargé des relations internationales et de la francophonie aux Mureaux, a réagi : « Evidemment je condamne les agissements et propos visant Boris Venon. Nous avons travaillé ensemble pendant des années et créé des relations amicales ». Originaire des Mureaux, élu depuis 14 ans, Dieynaba Diop est aussi le porte-parole de la fédération nationale du Parti socialiste, qui a autorisé une réaction officielle sur le sujet au cours du week-end. “J’espère que la plainte déposée par Boris Venon apportera une réponse pénale exemplaire. Nous serons à ses côtés jusqu’au bout, insiste l’élu. On ne peut pas accepter que le mouvement d’une minorité détruise tout le reste, tout le travail qui a été fait aux Mureaux depuis des années. »
François Garret, le maire (PS) des Mureaux, ne dit rien d’autre. “Ces actions et ses paroles sont inacceptables. Nous l’avons dit lors du conseil municipal et je le répète aujourd’hui. Outre l’impact qu’ils peuvent avoir sur la personne qui en est victime, cela stigmatise également notre ville, où le coliving fonctionne toujours. Les Mureaux, ce n’est pas ça ! Les raccourcis sont toujours très dangereux. »
De nombreux autres élus, notamment de droite, l’ont soutenu sur les réseaux sociaux ou ont retweeté ses propos pour défendre leur position politique. « Combien de Français sont dans la même situation ? Oui, il y a du racisme anti-blanc. Ouvrons les yeux ! », a par exemple exhorté le député des Républicains Éric Ciotti.
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