Seize personnalités, dont des représentants syndicaux de la CFE-CGC et de la CFDT Cadres, y voient un « levier puissant pour l’employeur pour refuser l’attribution de jours de repos au motif qu’ils sont rémunérés, face à un salarié tiraillé entre son besoin de repos et d’amélioration de leur pouvoir d’achat ».
Seize individus, dont les écologistes Yannick Jadot et Eric Piol, dénoncent comme un “cheval de Troie de la régression sociale” la possibilité pour les entreprises d’acheter des journées de RTT aux salariés, adoptée le 22 juillet à l’Assemblée.
Dans une tribune publiée samedi sur le site de JDDils estiment que cette mesure, proposée par les députés LR dans le cadre du projet de loi de finances rectificative, “porte un coup sans précédent aux 35 heures”.
Comme la gauche à l’Assemblée, ils critiquent une disposition qui « sert avant tout à éviter de traiter du vrai sujet du pouvoir d’achat : les augmentations de salaires ».
Ces personnes, dont des représentants syndicaux de la CFE-CGC et de la CFDT Cadres, y voient « un levier puissant pour que l’employeur refuse l’attribution de jours de congé au motif qu’ils sont rémunérés, face à un salarié tiraillé entre son besoin de repos et d’amélioration de leur pouvoir d’achat ».
“Une amélioration relative, d’ailleurs, puisque proposer une rémunération RTT augmentée à 10% au lieu d’heures supplémentaires augmentées à 25%, c’est proposer de ‘travailler beaucoup plus pour gagner un peu'”, écrivent-ils.
débats houleux
Le dispositif de Temps Réduit de Travail (RTT) attribue des journées ou demi-journées de repos aux salariés dont la durée du travail excède 35 heures hebdomadaires, qui disparaissent actuellement si elles ne sont pas prises. Le rachat n’est possible que dans le cadre d’un accord d’entreprise ou de branche ou dans des cas particuliers.
De plus, l’option de monétisation « cadre » est liée aux cotisations, contribuant ainsi au financement de la protection sociale. La nouvelle disposition exonère l’employeur du paiement des cotisations patronales, ce qui fragilise ce financement”, soulignent-ils.
Les projets de loi sur le pouvoir d’achat et le budget rectificatif ont provoqué de vifs débats entre la majorité et l’opposition à l’Assemblée nationale. Notamment entre le gouvernement et les élus de gauche, qui ont des visions économiques diamétralement opposées sur la manière de restaurer le pouvoir d’achat des Français face à une inflation élevée.
Les sénateurs aborderont lundi le budget rectificatif 2022 avec un débat sur une éventuelle taxe sur les “bénéfices excédentaires” qui s’annonce houleux.
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