Il assure que la fièvre de la scène ne l’a pas encore saisi. Mais il sait déjà que son cœur battra “un peu plus fort” lorsqu’il accédera au perchoir de l’Assemblée nationale. Mardi 28 juin, José Gonzalez, député de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône, présidera la séance d’ouverture de la 16e législature. A 79 ans et deux mois, l’élu du Rassemblement national (RN) est un vice-doyen inattendu.
“Après l’élection présidentielle, où Marine Le Pen a pris la tête du second tour de la circonscription, j’ai espéré, sans être trop optimiste”, a déclaré le retraité, ancien contrôleur d’exploitation de l’aéroport de Marseille-Provence, après avoir dirigé une auto-école. Élu municipal pour cinq mandats à Allauch (Bouches-du-Rhône), commune résidentielle perchée à la frontière nord de Marseille, José Gonzalez a finalement remporté avec près de 60 % des suffrages “l’insoumise” Marina Mesure dans cette circonscription d’Aix et comprend la ancienne forteresse communiste de Gardan. “Ce sera un grand honneur, un moment historique pour moi et pour le Rassemblement national”, se prépare le nouveau député.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Législation 2022 : le Rassemblement national remporte un succès historique avec 89 députés
L’accent n’est pas trompeur. José Gonzalez garde le vocabulaire de ses premières années à Oran, la ville de son enfance et de son adolescence, qu’il a rapidement quittée en 1962, lors de l’indépendance de l’Algérie. Originaire du quartier Saint-Charles près de la gare d’Oran, ce breuvage noir ne cache pas le traumatisme causé par son exil en France. Cependant, il affirme qu’il n’a pas investi politiquement pendant les années de guerre. “J’avais 19 ans, je vivais la vie insouciante des jeunes de mon temps”, raconte-t-il avec nostalgie.
Nostalgie de l’Algérie française
Aujourd’hui, sa silhouette élancée et ses cheveux blancs sont régulièrement aperçus lors d’événements organisés par des associations et milieux algériens dans les Bouches-du-Rhône, comme les célébrations du massacre du 5 juillet 1962 (du-Rhône). Un monument controversé érigé à l’initiative de l’association amicale de protection des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques d’Algérie française, qui rend hommage aux “civils et militaires qui se sont battus pour garder l’Algérie française” et que beaucoup considèrent comme réhabilitation des actions du SCA.
“Jose Gonzalez ramène souvent des choses en Algérie. Nous pensons que c’est un thème majeur de son investissement politique, qui reste omniprésent », explique Lionel de Cala, maire des Républicains (LR) d’Allauch, que l’élu RN affronte dans chaque conseil municipal. “Mais c’est un homme qui n’a pas l’agressivité permanente dont font preuve certains membres de son parti”, a déclaré à LR l’ancien directeur de la communication.
Il vous reste 42,5% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.
Add Comment