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Journée de blocage au Pays basque : un nouvel avertissement pour la paix

Selon le porte-parole Jean-Daniel Elichiri, l’objectif a été atteint : « Nous voulions être entendus. Je pense que la portée de cette manifestation au niveau national est réelle. Désormais, nous attendons un signe du gouvernement pour poursuivre le processus de paix, en direction du déjà construit…

Selon le porte-parole Jean-Daniel Elichiri, l’objectif a été atteint : « Nous voulions être entendus. Je pense que la portée de cette manifestation au niveau national est réelle. Désormais, nous attendons un signe du gouvernement pour poursuivre le processus de paix, dans le sens de ce qui a déjà été construit. »

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Pour les 1.700 personnes mobilisées samedi (945 selon la préfecture), il s’agissait notamment d’examiner les cas de deux prisonniers basques, Jacques Esnal et Ion Parrott, derrière les barreaux depuis trente-deux ans, condamnés pour avoir participé aux crimes du “commando itinérant” de l’ETA. » (32 attentats, 38 tués) entre 1978 et 1987. « Si cette grande mobilisation ne provoque aucune réaction, poursuit l’extrémiste, je ne peux pas dire qu’il n’y aura pas d’autres actions. Et je réaffirme que si l’un de ces deux prisonniers meurt en détention, il nous sera difficile de maintenir le cadre que nous cherchons à maintenir pour des opérations toujours pacifiques et non violentes. Et Jean-Daniel Ellichiri de s’appuyer sur le récent exemple corse après la mort d’Ivan Colonna.

Actions “surprenantes”

Samedi, l’immense manifestation s’est terminée par le blocage de voies de circulation en treize points du Pays basque, de Mauléon-Licharre à Bayonne, en passant par Espelette, Ascain, Bidart, Biarritz… Plusieurs actions “surprises” ont également été menées. Le premier à avoir donné le ton de la journée, à l’aéroport de Biarritz, où six militants ont réussi à pénétrer sur le tarmac et à stopper le trafic pendant une demi-heure. Ils ont été dispersés par la gendarmerie et la police des frontières.

Le cortège a été arrêté avant d’entrer dans l’aéroport de Biarritz. Les cinquante combattants sont arrêtés. La zone est fermée à la circulation. pic.twitter.com/Qt7VLbFsDY

— SO_Paysbasque (@SO_Paysbasque) 23 juillet 2022

Car le préfet des Pyrénées atlantiques, Eric Spitz, avait lui aussi prévenu d’un ton ferme : il ne laisserait pas entraver le trafic aérien, ferroviaire et autoroutier. Ainsi d’autres arrestations ont eu lieu à Bukau après que des manifestants se soient enchaînés à la voie ferrée tôt le matin. Une action qui pendant toute la durée a gravement perturbé la vie des voyageurs. Elle était plus courte, donc moins dommageable, sur l’A63, entre les sorties Bayonne Nord et Bayonne Sud, lorsqu’une dizaine de militants ont tenté de créer un autre point de blocage. Au plus fort de cette action, on dénombrait, selon les services préfectoraux, 2 km d’embouteillages. Mais le trafic a rapidement repris.

Comme partout ailleurs, sur les routes secondaires : lorsque des manifestants ont bloqué la route, des policiers se sont postés en amont pour assurer le détournement des véhicules. Cela permet à la préfecture de confirmer que « malgré les menaces de blocus total du territoire annoncées par les collectifs Les Artisans de la Paix et Bake Bidea, le Pays basque n’a donc été bloqué à aucun moment. »

La peur de la radicalisation

Les trois actions ponctuelles menées à l’aéroport, à Bukau et sur l’A63 ont conduit à l’arrestation d’un total de 26 militants, tous placés en garde à vue. Le soir, ils ont tous été relâchés. Pour exiger leur libération, un millier de personnes se sont rassemblées en fin d’après-midi près de la sous-préfecture de Bayonne, placée sous haute surveillance policière. Là, des élus locaux, dont le président de l’agglomération du Pays basque, Jean-René Echegaray (ainsi que le sénateur Frédéric Españac, Philippe Aramendi, maire d’Urrugne), qui ont tenu à montrer la force de leur soutien à l’action de le jour et le processus de paix, initié uniquement par la société civile “et qui, après la conférence de l’Aïeté en 2011, a permis le désarmement puis la dissolution de l’ETA sous la forme de l’indifférence des deux Etats français et espagnol”, a rappelé le maire de Bayonne à l’issue d’un entretien entre une délégation d’élus, le sous-préfet et le préfet.

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