China News Service / China News Service via Getty Ima EN MER, RUSSIE – 15 OCTOBRE : Le canon principal du destroyer lance-missiles chinois Nanchang attaque une cible lors de l’exercice militaire conjoint Chine-Russie Sea 2021 près de la baie Pierre le Grand le 15 octobre , 2021 en Russie. (Photo de Sun Zifa/China News Service via Getty Images)
Service d’information chinois / Service d’information chinois via Getty Ima
Une image d’un missile tiré du destroyer Nanchang, en 2021. La Chine mène des opérations militaires le 4 août 2022, près de Taïwan suite à la visite de Nancy Pelosi sur l’île.
CHINE – La Chine réagit à la visite de la présidente américaine Nancy Pelosi à Taipei. Ce jeudi 4 août, elle entamera des exercices militaires ciblés au large de Taïwan, qu’elle considère comme faisant partie intégrante de son territoire. Ces manœuvres devraient se poursuivre jusqu’au dimanche 7 août.
Pour le ministère chinois des Affaires étrangères, il s’agit d’une “mesure nécessaire et légale pour répondre aux graves provocations de certains politiciens américains et séparatistes taïwanais”. Les exercices, qui se dérouleront à moins de 20 kilomètres des côtes de l’île, seront l’occasion de “défendre fermement notre souveraineté nationale et notre intégrité territoriale”, a indiqué le ministère. Selon lui, “les États-Unis sont le provocateur”, pas “la Chine, qui est la victime”.
Concrètement, à quoi ressembleront ces manœuvres militaires ? Le commandement chinois a annoncé “des exercices navals et aériens conjoints dans l’espace maritime et aérien du nord, du sud-ouest et du sud-est” sur l’île. Dans le détroit de Taïwan, qui sépare Taïwan de la Chine continentale, des « tirs à balles réelles à longue portée » sont prévus.
Une démonstration de force de Pékin
“L’Armée populaire de libération (APL) mènera de vastes exercices militaires et des activités d’entraînement, y compris des exercices de tir réel dans six zones autour de l’île de Taiwan (…) de jeudi midi à dimanche midi”, a également précisé le journal nationaliste Global Times.
Vous pouvez voir ces zones dans le tableau ci-dessous. Ils se trouvent pour la plupart du côté taïwanais de la ligne de démarcation médiane non officielle entre les deux pays. Pékin, qui ne reconnaît pas l’indépendance de Taïwan, ne reconnaît pas non plus cette ligne.
LAURENCE CHU / AFP Une carte de Taïwan et des eaux environnantes localisant les zones d’exercices militaires chinois prévus entre le 4 et le 7 août
CHU LAURENT / AFP
Carte de Taïwan et des eaux environnantes localisant les zones d’exercices militaires chinois prévus entre le 4 et le 7 août
Pour Marc Julien, responsable des activités Chine à l’Institut français des relations internationales (Ifri), « c’est un épisode inédit. La Chine est encore plus proche de Taïwan que les lancements de missiles pendant la crise de 1996 », après la première élection présidentielle directe de l’île.
Missile sur Taïwan ?
Cependant, note le chercheur, les Chinois “restent très vagues sur la nature de l’exercice”. En plus des annonces précédentes, Marc Julien attend « des missiles balistiques à courte portée tirés à quelques kilomètres au large pour montrer qu’ils sont à portée. Un autre geste fort serait le lancement du missile hypersonique DF-17, apparu dans l’arsenal chinois en 2019.
Une autre manœuvre que Pékin n’avait pas encore expérimentée était attendue : le lancement d’un missile depuis le continent qui atterrirait dans l’océan Pacifique, à l’est de l’île. “Le missile serait passé au-dessus de Taïwan, cela aurait été du jamais vu”, précise Marc Julien. Et le chercheur s’inquiète : “La tension est à son comble et va perdurer.” Il y a toujours un risque de dérapage, d’accident, d’erreur de jugement », dont les conséquences peuvent être dramatiques.
Taïwan craint également pour sa sécurité et condamne “les manœuvres de la Chine (qui) pénètrent dans les (…) eaux territoriales” de l’île. En guise d’avertissement, 21 avions chinois sont entrés mercredi dans la zone d’identification de la défense aérienne de l’île (plus large que l’espace aérien), selon le ministère de la Défense. “Face à des menaces militaires délibérément intensifiées, Taïwan ne reculera pas”, a averti la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen.
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