L’IMPORTANT
- Les conséquences sanitaires du tabagisme sont importantes, comme le souligne l’estimation de 75 000 décès dus au tabagisme en France métropolitaine en 2015.
- Cela correspond à 13% des décès et est la première cause de décès évitable dans notre pays, hors période de pandémie.
Santé publique France a publié une synthèse de plusieurs études qualitatives et quantitatives sur les attitudes des fumeurs pendant la crise sanitaire du Covid-19.
Soulager le stress
Les principaux résultats montrent d’abord que la part des fumeurs quotidiens souhaitant arrêter au premier semestre 2020, estimée à près de 60 %, est similaire à celle des années précédentes. Ainsi, pour la majorité des fumeurs vivant en France métropolitaine, la crise sanitaire n’a pas affecté leur consommation ni leur motivation à arrêter de fumer.
“Pour le reste de la minorité, l’évolution de la consommation de tabac pendant la pandémie a été fortement dépendante de la situation professionnelle (télétravail, perte d’emploi) et du niveau de stress ressenti pendant la crise sanitaire”, ajoutent les experts de santé publique. “Les fumeurs qui identifient les cigarettes comme un moyen de soulager le stress ont tendance à fumer davantage pendant une crise”, indique le rapport.
Obstacles à l’arrêt du tabac
Les motivations et les obstacles à l’arrêt du tabac ont également été étudiés. Il s’avère que : la santé, le prix du tabac et la fatigue liée à l’addiction sont les trois principaux motifs d’arrêt du tabac. – Les fumeurs qui veulent arrêter ont surtout peur des symptômes de sevrage (prise de poids, irritabilité, etc.), de la diminution du lien social et de la perte du soutien apporté par la cigarette – Malgré la perception très solitaire et fataliste de l’arrêt, basée sur la seule Volonté, ils étaient très sensibles au soutien de leur entourage et à la mise à disposition d’outils d’accompagnement.
Entre 2014 et 2019, la prévalence du tabagisme en France a connu une baisse historique, soit près de 2 millions de fumeurs en moins par jour. Mais 2020 a marqué une inversion de cette tendance, puisque la prévalence du tabagisme quotidien s’est stabilisée au premier semestre à 25,5 % de la population adulte. “Parmi la troisième population aux revenus les plus faibles, la prévalence du tabagisme quotidien a même augmenté depuis 2019, non pas à cause de la restriction du printemps 2020, mais plutôt au-dessus, probablement en raison du contexte social. C’est déjà difficile”, dénonce en conclusion Santé publique France.
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