Des milliers de dollars dépensés en vêtements, sous-vêtements et évasion de la plage et de la mer aux dépens des contribuables. La déléguée du groupe LREM à l’Assemblée nationale, Coralie Dubost, a été rivée à des déclarations de coûts inappropriées, selon une enquête de Mediapart publiée ce vendredi.
Le député de la troisième circonscription de l’Hérault multiplierait les dépenses astronomiques en 2018 et 2019 en s’immergeant dans son forfait de dépenses alloué par l’Assemblée. Cette enveloppe de 5373 euros était initialement destinée à couvrir divers frais liés exclusivement à la fonction du salarié sélectionné. Or, l’examen du mandat de Coralie Dubost a révélé un certain nombre d’achats “n’entrant pas dans” les coûts éligibles. Depuis, ils sont “réglés”, a assuré le salarié sélectionné à Mediapart.
“Je ne suis pas un arnaqueur”
Selon la députée, son ancien associé l’aurait tout simplement “mal conseillé” “J’ai été stupide (…), je ne suis pas un escroc”, s’est-elle défendue devant le site d’enquête en ligne. Ses dépenses ont été relevées à la suite d’une enquête interne lancée par la cellule anti-harcèlement de l’Assemblée nationale à la suite d’une « alerte collective » déposée par certains de ses anciens collaborateurs. Ainsi, les problèmes de souffrance au travail ont été mis en lumière, ainsi que la mauvaise gestion des deniers publics.
Les coûts seront astronomiques : Coralie Dubost a fait face à un découvert de plus de 7 000 euros début 2019. Ainsi, la représentante d’En Marche a dû “prendre un prêt personnel” pour arranger sa carte. Ces frais comprennent notamment “des frais vestimentaires mensuels de l’ordre de 1500 à 2000 euros”, selon un rapport finalisé en avril 2021, consulté par Mediapart. L’employé sélectionné, par exemple, utiliserait plus de 500 euros d’argent public pour acheter des sous-vêtements. En octobre 2018, elle dépenserait même plus de 3 300 euros en vêtements, notamment sur des sites de vente en ligne.
becs de mer
“Il y a des vêtements de mandat et personnels (…), je ne mets pas les mêmes choses dans ma vie personnelle et dans mon mandat”, s’est justifié le député. D’autres coûts problématiques sont ceux dépensés pour les aires de loisirs. Le député héraultais a ainsi payé une addition de 194 € à Bonaventure, un restaurant en bord de mer à Pavalas-les-Flots.
Les autres frais comprennent également les réservations dans un restaurant 5 étoiles situé à côté d’une piscine dans le quartier de Verchant. Des rendez-vous purement professionnels, s’est-elle excusée. “J’y ai pris plusieurs rendez-vous”, a-t-elle expliqué, évoquant aussi “le temps de travail et la cohésion d’équipe”. Outre ses dépenses, certains de ses associés évoquent des “demandes inappropriées” faites par leur patron : effectuer des tâches ménagères à la maison, transporter ses affaires de pressing, livrer des achats personnels…
Suite à la présentation d’un rapport relatant ces faits au printemps 2021, Coralie Dubost serait convoquée par le déontologue de l’Assemblée nationale Christophe Pallez, mais il n’y aurait pas de suite à cette rencontre. Connectée par Mediapart, la présidence de l’Assemblée a seulement déclaré, pour des raisons de confidentialité, qu’elle n’était “pas au courant des signalements faits par la cellule [anti-harcèlement] “.
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