France

La facture du pouvoir d’achat, véritable test pour la coalition présidentielle

Séance de l’Assemblée nationale, 12 juillet 2022. JULIEN MUGE POUR « LE MONDE »

La campagne se poursuit à l’Assemblée nationale. Avec l’examen du projet de loi sur le pouvoir d’achat à partir du lundi 18 juillet en séance publique, puis le budget rectificatif pour financer, entre autres, ces mesures, les députés aborderont les deux textes les plus importants de ce début de législature sur un sujet qui monopolise le discours et programmes des élections présidentielles et législatives.

Une semaine après l’épisode du projet de loi Covid-19, où la Nouvelle Union populaire, environnementale et sociale (Nupes), le Rassemblement national (RN) et les Républicains (LR) ont mis en minorité le gouvernement – qualifié par la prochaine chaleur “nocturne” d’Emmanuel Macron accident vasculaire cérébral” – c’est un véritable test pour la coalition présidentielle.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés L’Assemblée nationale n’approuve que partiellement le projet de loi Covid-19

L’enjeu est d’autant plus élevé que les deux textes examinés à l’Assemblée cette semaine adoptent les promesses du candidat Macron. Le premier projet de loi prévoit notamment un triplement de la “prime Macron”, une revalorisation de 4% des retraites et minima sociaux ou celle de 3,5% sur l’allocation logement. Le débat risque d’être encore plus rude sur le deuxième texte qui compose « ce paquet pouvoir d’achat », le projet de loi de finances rectificative, dont l’examen est prévu jeudi 21 juillet.

1100 correctifs en quarante-huit heures

Tout en permettant le financement jusqu’à 20 milliards de mesures gouvernementales, ce projet de loi comporte également certaines dispositions rejetées par l’opposition. Parmi elles, la suppression de la taxe sur les produits audiovisuels, un chèque-alimentation de 100 € destiné à huit millions de foyers ou encore une “allocation carburant pour les travailleurs” qui remplacera progressivement la remise carburant de 18 centimes le litre. Avec toutes ces mesures emblématiques, la majorité présidentielle pourrait se trouver en position difficile.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Pouvoir d’achat : le gouvernement accorde 20 milliards d’euros supplémentaires

Sur le seul projet de loi sur le pouvoir d’achat, près de 1 100 amendements ont été déposés en quarante-huit heures. “En commission, les débats n’ont pas été extrêmement fructueux, car objectivement nous n’avions pas assez de temps, avoue Mathieu Lefebvre, coordinateur de la commission finances du groupe Renaissance. Chacun a présenté ses propres amendements sans se consulter. Les discussions entre le gouvernement et la majorité présidentielle se sont poursuivies tard samedi et dimanche pour aplanir les derniers différends.

Parmi elles, la déconjugalisation de l’allocation adulte handicapé, réclamée par l’opposition lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, mais rejetée à chaque fois par la majorité, avant que le chef de l’Etat ne change d’avis pendant la campagne présidentielle. Il semble qu’un accord ait été trouvé entre la plupart des groupes parlementaires pour que l’entrée en vigueur de la mesure soit enregistrée le 1er octobre 2023. Une date qui ne satisfait plus l’opposition au vu des amendements introduits pour accélérer sa mise en place. Un autre amendement, voté en commission contre l’avis du gouvernement, prévoit d’obliger l’Etat à compenser “à l’euro près” les charges des collectivités locales générées par la revalorisation du point d’indice dans la fonction publique et le RSA. Ainsi, le pouvoir exécutif est contraint de proposer une alternative à l’opposition, prête à voter pour cette mesure, estimée à 1,6 milliard d’euros.

Il vous reste 60,7% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.