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La France a contesté la violation par le Mali des accords de défense par un retrait militaire complet

Cérémonie de changement de drapeau à Tombouctou, le 14 décembre 2021, lors de la passation du camp français à l’armée malienne. FLORAN VERNES / AFP

La France a jugé mardi 3 mai que la décision des colonels au pouvoir au Mali de dénoncer les accords de défense entre Bamako et Paris avec un retrait total des troupes françaises du pays était “injustifiée”, ce qu’elle entend faire “en bonne et due forme”. commande” dans les mois à venir.

« Informée le 2 mai de la décision unilatérale des autorités maliennes de transition de « dénoncer » ces accords, la France considère cette décision comme injustifiée et conteste formellement tout manquement au cadre juridique bilatéral imputable aux forces Barkhane », et le porte-parole du Le ministère des Affaires étrangères a réagi dans un communiqué.

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Lors du procès, Paris a exclu tout impact sur le calendrier du délicat retrait en cours de la force militaire Barhane, basée au Mali, annoncé en février et étalé sur six mois.

Le Quai d’Orsay a assuré que la France “poursuivra le retrait organisé de sa présence militaire au Mali, annoncé en février, conformément aux engagements pris auprès de ses partenaires et dans un souci de coordination et de dialogue respectueux avec les Forces armées maliennes”.

Déni des soldats français

Preuve d’une nouvelle détérioration des relations entre Paris et Bamako, les autorités maliennes à dominante militaire ont déclaré lundi soir qu’elles violaient les accords sur le statut des forces (SOFA), qui fixent le cadre juridique de la présence des forces françaises. Barhane et l’européen Takuba, ainsi que l’accord de coopération de défense signé en 2014 entre le Mali et la France.

Un porte-parole du gouvernement, le colonel Abdullaye Maiga, a justifié la décision, citant notamment “de nombreuses violations” de l’espace aérien français, malgré la création d’une large zone d’exclusion aérienne.

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Le Conseil de sécurité de l’ONU a également tenu mardi une réunion informelle à huis clos pour le Mali à la demande de la Russie, qui a accusé la France de répandre de fausses accusations contre Moscou et Bamako, selon des diplomates.

Dans une lettre envoyée à l’ONU fin avril par l’AFP, Bamako a condamné “les violations répétées et délibérées de l’espace aérien national par des avions étrangers, notamment par les forces françaises, pour espionnage, intimidation et subversion”. Des violations catégoriquement démenties par les militaires français.

Obstacles possibles

“Nous pensons que l’analyse juridique des autorités maliennes, selon laquelle la SOFA est immédiatement abandonnée en raison de violations, n’est pas fondée. Nous pensons qu’à ce stade SOFA travaille encore jusqu’à ce que le dernier soldat français quitte le territoire de Malia, a commenté mardi l’état-major français.

Si les relations entre Bamako et Paris continuent de se dégrader ces derniers mois, notamment depuis l’arrivée au Mali de paramilitaires du groupe russe Wagner, un épisode récent semble avoir mis de l’huile sur le feu. De manière assez inédite, l’état-major français a décidé de diffuser des images vidéo d’un drone à proximité de la base de Gossi (au centre), abandonnée en avril par la France, montrant, selon lui, des paramilitaires de la société russe Wagner en train d’enterrer des corps avec un vue d’accuser la France de crimes de guerre.

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Paris a également insisté mardi pour réaffirmer sa “vigilance contre toute tentative de manipulation de l’information” et a rappelé sa détermination à assurer la sécurité de ses troupes et des troupes européennes qui lui sont déployées pendant cette phase de désengagement. “Nous attendons de nouvelles allégations infondées contre des militaires français de crimes voire de répression”, a prévenu l’état-major.

Après avoir progressivement quitté les bases du front de Thessalie, Tombouctou et Gossi, les troupes françaises devaient encore quitter les bases de Menaka et Gao (nord-est). “Le retrait sera effectif avant la fin de l’été”, a déclaré l’état-major, qui estime être confronté à un “problème diplomatique plutôt que militaire”.

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Or, “le vrai problème est de savoir quelle sera l’attitude des forces maliennes” dans les semaines à venir, s’inquiète un officier supérieur, craignant d’éventuels obstacles, alors que Barkhane est engagé dans une logistique très lourde et complexe de l’opération de sortie du Mali, après plus de neuf ans de présence. De son côté, l’ONU doit aussi décider en juin de renouveler sa mission au Mali (Minusma) avec environ 14 000 casques bleus et policiers.

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Le monde avec l’AFP