Le blogueur antiféministe Jean-Claude Rochefort a fait preuve d’un “mépris évident et inacceptable” pour la justice en omettant de sélectionner un jury pour le procès contre lui. L’admirateur de Mark Lepin a ainsi perdu son droit d’être jugé par ses pairs, a jugé vendredi le tribunal.
Posté à 23h59
Presse Louis-Samuel Perón
Ainsi, le procès contre Jean-Claude Rochefort pour incitation volontaire à la haine contre les femmes devrait débuter lundi au palais de justice de Montréal uniquement devant un juge. Il est à noter qu’il est extrêmement rare qu’un accusé perde son droit à un procès devant jury.
Le blog antiféministe de la femme de 73 ans est au cœur de ce procès. En 2019, Jean-Claude Rochefort a fait l’éloge du meurtrier Mark Lepin dans des publications publiées avant les célébrations du massacre de femmes à Polytechnique. Dans ses écrits, il invite les femmes à célébrer la fête de Saint-Marc-Lépine, puis encourage les « disciples » de Marc Lepin à « polir leurs fusils ». Selon l’accusé Mark Lepin, il “a restauré la dignité des hommes”.
Plus de deux ans plus tard, son procès devait commencer lundi matin avec une sélection du jury. Ainsi, plus de 230 citoyens se sont présentés dans la salle d’audience. Pourtant, Jean-Claude Rochefort “a volontairement et délibérément choisi de ne pas comparaître”, a conclu vendredi matin le juge Pierre Labri. “Son comportement est contraire à la foi”, a-t-il ajouté.
Une disposition du Code pénal supprime le droit des jurés à un accusé qui n’a pas comparu au procès. La défense doit alors démontrer des “excuses légitimes” pour justifier l’absence du défendeur.
“Par ces actions délibérées, M. Rochefort a contrecarré l’administration de la justice en sabotant le processus de sélection des jurés. […] Le tribunal ne peut pas prendre à la légère un tel mépris de la justice », a poursuivi le juge.
Au lieu de se rendre au palais de justice à 9 h 30 lundi, Jean-Claude Rochefort a choisi de se rendre à la Caisse Desjardins pour régler ses comptes. Apparemment n’ayant pas un sou pour prendre un taxi, il a pris le bus pour se rendre à la première banque, la seule dont il prétend connaître son code PIN bancaire.
Avec 3 000 dollars en poche, l’accusé s’est rendu dans une troisième institution bancaire pour retirer davantage de fonds. Il était alors 11 heures. Il a été arrêté à son arrivée au palais de justice vers midi. Les explications de Jean-Claude Rochefort n’ont manifestement pas convaincu le juge. “Le tribunal ne peut pas voir une simple erreur d’appréciation”, a expliqué le juge.
En plus de foutre la journée de 236 citoyens, Jean-Claude Rochefort a dilapidé de précieuses ressources judiciaires en cette période de pénurie de personnel judiciaire, a ajouté le juge. “Il est choquant que les ressources soient utilisées pour rien, alors que les salles d’audience ne peuvent pas fonctionner en raison du manque de personnel”, a souligné le juge.
Au terme du verdict, l’avocat de la défense Me Rodolphe Bourgeois semble avoir mis en doute l’impartialité du juge jusqu’à la fin du procès. « Le président du tribunal se sent-il à l’aise d’entendre le témoignage de l’accusé ? “, Avancé Me Bourgeois. “Je ne vois aucun problème, le tribunal est en mesure de régler les choses”, a déclaré le juge Labri.
Roxanne Laporte représente le ministère des Affaires publiques.
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