LA CROISSANCE POURSUIT EN EUROPE APRÈS ECB ET POWELL
par Claude Shenjou
PARIS (Reuters) – Les principaux marchés boursiers européens devraient remonter vendredi et devraient toujours être tirés par les actions bancaires après la hausse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) la veille et la lutte contre l’inflation du président de la Réserve fédérale américaine.
Selon les premières indications disponibles, le Dax de Francfort devrait gagner 0,19% à l’ouverture, le FTSE 100 de Londres 0,34% et l’indice EuroStoxx 50 0,2%.
La BCE a décidé jeudi d’augmenter le coût du crédit de 75 points de base sans précédent, tout en laissant entendre que le resserrement de la politique monétaire se poursuivra, donnant ainsi la priorité à la lutte contre l’inflation malgré le risque d’une récession de la zone euro cet hiver.
Aux États-Unis, où une hausse des taux d’intérêt de même ampleur est attendue le 21 septembre, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a déclaré jeudi que la Fed continuerait d’agir “avec fermeté” pour contrer l’inflation.
Sur les marchés, la probabilité que la Fed relève ses taux de trois quarts de point est désormais de 86 %, contre 77 % la veille.
Cependant, la perspective d’une accélération du coût du crédit aux États-Unis comme en Europe ne semble pas effrayer les marchés actions pour l’instant, même si une certaine volatilité demeure.
“Il y a beaucoup d’incertitude et je pense que les investisseurs ne prendront pas de décision tant qu’ils n’auront pas vu la lumière au bout du tunnel”, a déclaré Grace Lee, gestionnaire de portefeuille chez Columbia Threadneedle Investments.
Les analystes ont déclaré que les annonces de la BCE et de Powell n’étaient pas vraiment une surprise et avaient déjà été intégrées, incitant les investisseurs à se tourner vers les données mensuelles des prix à la consommation aux États-Unis et l’inflation statistique finale d’août dans la zone euro, deux nouvelles données économiques qui devraient être publiées la semaine prochaine.
La BCE a également confirmé que la trajectoire future de ses taux directeurs restera dépendante des données économiques.
La session de vendredi pourrait également être déclenchée par la crise du gaz alors que le conseil des ministres de l’énergie de l’UE se réunit à Bruxelles alors que les pays de l’UE recherchent des solutions urgentes aux factures énergétiques qui montent en flèche.
SUR WALL STREET
La Bourse de New York a clôturé en hausse jeudi, également soutenue par les banques et les actions de la santé.
Le Dow Jones Industrial Average a augmenté de 0,61%, ou 193,24 points, à 31 774,52.
Le S&P-500 plus large a gagné 26,31 points, ou 0,66%, à 4 006,18.
Le Nasdaq Composite, en revanche, a progressé de 70,23 points (0,60%) à 11 862,13 points.
En Asie
À la Bourse de Tokyo, le Nikkei a avancé de 0,6% à 28 233,3 et le plus grand Topix a gagné 0,46% à 1 966,61 à l’approche de la clôture.
En Chine, le Shanghai SSE Composite a gagné 0,67 % et le CSI 300 a gagné 1,2 %.
Sur le plan économique, les prix à la consommation en Chine ont augmenté en août à un rythme moins soutenu qu’attendu (+2,5 % sur un an, après +2,7 % en juillet) en raison de la canicule et de la recrudescence de l’épidémie de COVID-19 , selon les données officielles publiées vendredi.
ÉVALUER
Les rendements du Trésor américain ont continué d’augmenter vendredi, le 2 ans prenant quatre points de base à 3,5264 % et le 10 ans émergeant à 3,3284 % contre 3,2920 % la veille.
En Europe, le 10 ans allemand a terminé jeudi en hausse de 14 points de base à 1,714%, et le deux ans a bondi de plus de vingt points de base à 1,326%, son plus haut niveau depuis 2011. L’OAT 10 ans française termine en gain de dix points à 2,254%.
CHANGEMENTS
En devises étrangères, le dollar a perdu 0,3% contre un panier de pairs mais a gagné 2,6% pour la semaine jusqu’à présent contre le yen. La devise japonaise souffre de la politique de la Banque du Japon, jugée accommodante, tandis que celle de la Fed est jugée restrictive.
L’euro, qui a atteint un creux de près de 20 ans plus tôt dans la semaine, a avancé de 0,7 % à 1,0064 $, bien au-dessus de la parité avec le billet vert, bénéficiant de l’annonce de la BCE.
BEURRE
Le marché pétrolier reste volatil, les investisseurs étant tiraillés entre les menaces de la Russie de couper l’approvisionnement en hydrocarbures et les craintes d’une baisse de la demande.
Le Brent a augmenté de 0,74 % à 89,81 $ le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a augmenté de 0,53 % à 83,98 $.
Cependant, les deux références pétrolières devraient afficher une baisse sur l’ensemble de la semaine.
(Écrit par Claude Shenjou, édité par Bertrand Bussy)
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