France

La justice donne des motifs à Maurizio Cattelan contre Daniel Drouet

L’artiste italien Maurizio Cattelan devant son oeuvre “Untitled” (2001) lors du vernissage de l’exposition “Not Afraid of Love” à l’Hôtel de la Monnaie à Paris le 17 octobre 2016. PHILIPPE WOJAZER / REUTERS

La décision de justice dans l’affaire de contrefaçon de droit d’auteur entre les artistes Daniel Druet et Maurizio Cattelan a été rendue vendredi après-midi 8 juillet.

Les juges composant la 3e chambre du Tribunal judiciaire de Paris ont eu à trancher un contentieux inédit dans le domaine de l’art contemporain : qui est l’auteur de huit œuvres conçues par un artiste conceptuel mais façonnées par un sculpteur de cire, sur ce que sont les personnages. Les magistrats ont considéré l’irrecevabilité de la demande de Daniel Drouet. Le sculpteur français revendique la paternité exclusive de ces sculptures, réalisées à la demande de Maurizio Cattelan et de sa galerie parisienne entre 1999 et 2006, sans tenir compte de la démarche de l’artiste italien en général, ni de ses interventions artistiques dans différents contextes qui le font célèbre.

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L’audience de ce procès a eu lieu le 13 mai à Paris, ce qui a suscité de nombreux débats et forums sur la nature de l’art conceptuel. Les magistrats ont jugé ce vendredi qu'”il est (…) incontestable que les consignes précises de placement des personnages de cire dans une configuration spécifique, compte tenu notamment de leur positionnement au sein des espaces d’exposition, visaient à jouer sur les émotions du public (surprise , empathie, amusement, répulsion, etc.) découlant uniquement de [Maurizio Cattelan] lui-même, Daniel Drouet n’est nullement en mesure – ni même cherche à le faire – de s’approprier la moindre part dans les choix liés à la mise en scène de la présentation desdites effigies (choix du bâtiment et taille des salles accueillant le personnage , la direction du regard, l’éclairage, voire la destruction d’une verrière ou d’un parquet pour rendre la mise en scène plus réaliste et plus impressionnante) ou au contenu du message éventuel à faire passer à travers cette mise en scène. Toutefois, Daniel Druet revendique la propriété des droits à titre exclusif.

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« Cette discussion crée un précédent dans la définition de l’art conceptuel en droit français. C’est un jour historique”, a réagi au Monde Pierre-Olivier Sure, défenseur de la galerie Perrotin. “Les juges précisent que l’œuvre est l’installation, pas seulement une des parties qui composent l’œuvre, en l’occurrence une sculpture”, poursuit-il.

A noter que Daniel Drouet ne s’en est pas pris directement à Maurizio Cattelan, mais à sa galerie parisienne, la maison d’édition de ce dernier, ainsi qu’à la Monnaie de Paris, où l’artiste avait exposé en septembre 2016 “Pas peur de l’amour”. En avril 2018, Daniel Druet a assigné la galerie Perrotin et la société Turenne Editions devant le tribunal de Paris pour contrefaçon et contrefaçon. Dans la foulée, il a également assigné en justice la Monnaie de Paris pour avoir exposé quatre de ses œuvres sans mentionner son nom lors de l’exposition, et dans un troisième temps, la Monnaie de Paris a envoyé une lettre recommandée à Maurizio Cattelan et aux Archives Cattelan pour solliciter leur intervention. dans la procédure ouverte par Daniel Druet, se référant à la convention de partenariat conclue dans le cadre de l’exposition, qui prévoit une clause de garantie.

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