France

La loi sur le téléchargement de “contenus terroristes” confirmée malgré l’appel de LFI

KENZO TRIBOUILLARD / AFP Le logo du Conseil constitutionnel français est visible à son siège à Paris le 12 mars 2019. (Photo par KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Le logo du Conseil constitutionnel (photo d’illustration prise le 12 mars 2019).

POLITIQUE – Adopté par les députés de la France insoumise, le Conseil constitutionnel a donné son feu vert, ce samedi 13 août, au projet de loi LREM, voté fin juillet, qui aurait obligé éditeurs et hébergeurs à supprimer les soi-disant contenus terroristes dans l’Heure.

Dans leur plainte, les Insoumis ont estimé que le texte contenait “une atteinte manifeste à la liberté d’expression et de communication garantie par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789”.

Dans sa décision, le Conseil constitutionnel considère que “les dispositions contestées ne portent pas atteinte à la liberté d’expression et de communication” et “les déclare donc conformes à la Constitution”. Les Sages ont notamment souligné que les contenus terroristes “représentent des atteintes à la liberté d’expression et de communication portant gravement atteinte à l’ordre public et aux droits des tiers”.

Décision n° 2022-841 DC du 13 août 2022[Loiportantdiversesdispositionsd’adaptationaudroitdel’Unioneuropée…[ЗаконотносноразличниразпоредбизаадаптиранекъмправотонаЕвропейскиясъюз…[Loiportantdiversesdispositionsd’adaptationaudroitdel’Unioneuropée…

— Conseil constituant (@Conseil_constituent)

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L’ordre de retrait doit également “inclure non seulement une référence au type de contenu en question, mais également une motivation suffisamment détaillée”, ont salué les sages.

Ce texte, qui adapte un règlement européen, reprend en partie l’une des dispositions phares de la loi aviation, largement contestée par le Conseil constitutionnel en juillet 2020.

Possibilité d’émettre des ordres de retrait transfrontaliers

La loi rend obligatoire la suppression du “contenu terroriste” en ligne dans un délai d’une heure par tous les fournisseurs d’hébergement et introduit la possibilité pour les autorités nationales d’émettre des ordres de retrait transfrontaliers.

Le refus d’obtempérer au retrait de ce contenu est passible d’un an d’emprisonnement et de 250 000 euros d’amende et peut, dans les cas extrêmes, atteindre 4 % du chiffre d’affaires de la plateforme numérique. L’Office central de la criminalité des technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC), un bureau de la police judiciaire, a été désigné pour émettre les ordres de retrait.

Aussi, une personne qualifiée de l’Arcom (organisme de régulation de l’audiovisuel et des communications numériques) peut recommander l’annulation d’un ordre de retrait s’il l’estime infondé, voire saisir en urgence la justice administrative. Ainsi, “la détermination du caractère terroriste du contenu en cause n’est pas laissée à l’appréciation de l’autorité administrative”, note le Conseil.

Enfin, la possibilité pour les hébergeurs et éditeurs contestant une ordonnance de retrait d’obtenir une décision d’une justice administrative dans les 72 heures, et dans un délai d’un mois en cas de recours, constitue, aux yeux des sages, « immédiate ».

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