Cette opération spéciale intervient alors que le leader de l’Union de la gauche tient un meeting ce soir à Paris et que les dernières enquêtes d’opinion donnent aux coalitions “Ensemble !” et Nupes porte et porte au premier tour des élections législatives.
Sécurité, international, Europe… C’est tout un programme que la majorité présidentielle est en train d’éplucher mercredi. Lors d’une attaque sur Twitter avec le commandant d’escadron Christoph Castaner, “Ensemble!” finance l’union de la gauche sous le hashtag #NousnesommespasNupes.
Sous le hashtag, les candidats majoritaires aux législatives ont partagé plusieurs visuels d’une campagne bien préparée pour saper mercredi. Une chaîne militante Telegram parle d’une “opération spéciale”. Sur fond d’affiche déchirée à l’effigie de Jean-Luc Mélenchon, les thèmes phares de cette élection législative sont disséminés en grosses lettres blanches, suivis d’une analyse qui discrédite le programme Nupes.
Campagne pour discréditer Melenchon
“Sécurité” est le titre d’une de ces visualisations, avant d’ajouter : “Melenchon au pouvoir, il y a une tension et une méfiance constantes vis-à-vis des forces de l’ordre. C’est l’abrogation des lois qui nous protègent : les lois SILT, les lois antiterroristes et les principes républicains. »
“La mélancolie du pouvoir, c’est la fin d’une Europe forte”, a déclaré Jean-Michel Blanker, ancien ministre de l’éducation et candidat dans la Loire.
Sur les réseaux sociaux, le même type de visualisation est reproduit sur les retraites, entre autres sujets, comme le partage de la députée Marie-Christine Verdier-Zhuklas, candidate dans le Tarn, qui affrontera dans la 2e circonscription un candidat du PS qui soutient et investi Nupes.
Le sujet de la laïcité est également évoqué : la majorité estime qu’il est attaqué de manière “inédite” par le Nupes, selon une visualisation partagée par le vice-président Jean-Baptiste Moreau sur Twitter.
Que ce soit par la visualisation ou par l’anaphore reproduite sur chaque affiche de Melenchon au pouvoir, la campagne du gouvernement s’adresse spécifiquement au leader de la gauche. Et il a discrédité sa volonté de reprendre Matignon en cas de victoire de Nupes en juin.
“La mélancolie au pouvoir est la porte de sortie du nucléaire”, a déclaré la députée Aurore Berge. “Pas sur la démagogie et les mensonges”, a-t-elle tweeté.
Alors que les Nupes montent …
Ce travail de sape intervient alors que l’homme fort de l’union de la gauche tient ce soir son premier meeting électoral à Paris, qui centralise autour de sa personnalité la campagne de la gauche aux législatives. Dans “En Marche” on ne minimise pas la portée des discours à la tribune, qui à deux reprises à la présidentielle l’ont aidé à le faire passer dans la troisième force d’opposition.
D’autant que selon le dernier sondage Elabe pour BFMTV et L’Express, le parti présidentiel et ses alliés ne sont pas sûrs d’obtenir la majorité absolue face au Nupes. Le sondage montre que les deux coalitions rivales cherchent à voter lors de la première phase des élections législatives.
La plupart des candidats qui ont partagé la campagne ont diffusé plusieurs avant-premières à chaque fois, transformant le hashtag #NousnesommespasNupes en une expression montée aux tendances Twitter mercredi en fin d’après-midi. Cependant, l’impact de cette campagne doit être relativisé : à ce jour, seuls 219 comptes uniques l’ont partagée avec une audience d’environ 300 000 internautes, selon un rapport de la plateforme numérique Tweet.Biender.
Et répond par #StopponsMacron
Avec des images apocalyptiques en noir et blanc et le hashtag #StopponsMacron, la gauche a répondu à l’offensive “Ensemble”.
“10 millions de pauvres. Système de santé abandonné. Retraite à 65 ans. Inaction dans le climat criminel. Stop ou encore ?”, comme Adrien Quatennens.
Acteur majeur de l’alliance de gauche pour l’élection de juin, quitte à être abandonné par une partie de son parti, le secrétaire Olivier Faure s’est indigné de la campagne de la majorité.
“Au milieu du fiasco après la finale de la Ligue des champions, il fallait oser… Et en plus de ne pas être NUPES, qu’est-ce que tu es à LREM ?”, a-t-il tweeté, avant de partager à son tour des visuels anti-macron sur Nupes.
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